Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
En ce moment au Théâtre du Grand Marché
20 février 2008

Tout a commencé avec la Comédie de Béthune, qui a proposé à Nicolas Ducron de créer un spectacle sur l’engagement, sous forme de cabaret musical. Le metteur en scène y a vu une occasion unique de renouer avec les grandes causes politiques et sociales. C’était aussi pour lui la possibilité merveilleuse de relever un immense défi : réussir un spectacle à partir d’un mot, d’une idée : l’engagement.
La première partie du travail de création s’est articulée autour d’interviews de personnes de la région de Béthune : « Qu’est-ce que l’engagement aujourd’hui en France ? Pour quelle cause sommes-nous encore prêts à nous engager ? Jusqu’où ? Serions-nous toujours capables de mourir pour ce que nous croyons juste ? ». A travers ces interrogations, l’occasion était donnée aux gens de se positionner par rapport à leurs idées, chacun devant se définir par rapport à son engagement dans la société et, éventuellement, prendre conscience de son inactivité, de sa passivité. Différents points de vue ont ainsi été récoltés, croisant les origines sociales, les générations : classe d’enfants de CM1, pompier, agriculteur, conseiller municipal, syndicaliste, fleuriste, curé, directeur d’école, chômeur, retraitée, mercière, musicien...
Combinées avec une série de portraits photographiques, les interviews des personnes rencontrées font l’objet d’une exposition dans chaque lieu de l’arrondissement de Béthune où joue la compagnie. Les photos sélectionnées sont agrémentées de légendes où l’on peut lire un ou plusieurs extraits des prises de parole des uns et des autres.
Des portraits et des masques
A ces portraits, les acteurs répondent sur scène par des masques. Les personnages du spectacle sont la représentation vivante et poétique de tous ces individus, de tous ces points de vue sur le monde. Comme des marionnettes, agitées et manipulées par ces pensées multiples, les masques racontent l’engagement, comme un phénomène actif, chantant, remuant et œuvrant pour un monde meilleur. Ils sont par extension l’incarnation de chacun d’entre nous.
De Boris Vian à Sex Pistols
Gueules cassées, visages burinés, tronches populaires de canailles, poivrots lunaires et philosophes des ruelles composent depuis des lustres ce cabaret intemporel. La poussière aux godillots, ils arrivent, brandissent des poings. Avec la gouaille des faubourgs, la force des révolutionnaires, ils entonnent quelques mazarinades, font revivre les textes de Léo Ferré et de Boris Vian, saluant au passage les Têtes raides et les Sex Pistols.
Quatre mondes étranges et poétiques
Nicolas Ducron présente son spectacle : « Pour animer ce cabaret, j’ai imaginé 4 protagonistes singuliers. Je voulais m’éloigner de la réalité, ouvrir l’imaginaire à des êtres intemporels, fabuleux : costumes rapiécés, mélangeant les époques et les cultures, la manche d’un vieux pull de laine avec un frac 19ème, des costumes coupés à l’ancienne sur des bottes en feutre russes, un chapeau haut-de-forme avec un bonnet de laine. Je pensais à l’allumeur de réverbères du “Petit Prince” de Saint-Exupéry, personnage absurde et poétique, travailleur à la chaîne, n’ayant de cesse d’allumer et d’éteindre le réverbère de sa planète. Il m’évoquait un masque, venu d’un autre espace, d’un autre temps. Je pensais au meneur de revue du film “Cabaret”, un esprit caustique, étrange, outrancier, blagueur, qui dépeint avec malice, aux bourgeois leurs vices, au petit peuple son destin. Guindé dans son costume dépareillé, il nous observe derrière son monocle d’un œil de corbeau. Je pensais au vieux Ferré, à Jehan Rictus ou à Gaston Couté, poètes anarchistes révoltés, amis de la racaille et des pauvres gens, dignes dans un pantalon troué.
Je pensais à cette jeune fille mongole dans le film “Urga”, qui joue de l’accordéon dans sa yourte. Jeune nomade à la jupe sale et colorée, elle incarne le vagabondage, les contrées lointaines et désertiques, la liberté.
Quatre mondes étranges et poétiques réunis dans une gamme de couleurs passées, élimées par les siècles. Voilà, pour commencer à rêver... ».
Kozman Franky Lauret la ramasé
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Messages
21 février 2008, 06:09, par TECHER Aimé
Bonne idée. Cette idée mérite une proposition que je me plais à faire à la direction de notre journal TEMOIGNAGES. Et si vos journalistes venaient à la rencontre des Réunionnais en Métropole qui sont engagés.
Des portraits saisissants et inédits...
Soyez les bienvenues, les bienvenus.