Deuxième “Challenge rond la terre”

Populariser le moringue

25 juillet 2007

Le “Challenge rond la terre”, le deuxième, se jouera ce dimanche 29 juillet à la salle des fêtes “Lo Rwa Kaf” au Bocage Lucet Langenier à Sainte-Suzanne. Les artisans (1) de cet événement, réunis avant-hier matin à l’Office Municipal de la Culture et du Temps Libre de cette ville de l’Est, nous en ont dit un peu plus sur cette manifestation populaire.

Les organisateurs de cet événement tiennent à insister sur l’implication des partenaires qui font de ce rendez-vous une réussite : la Mairie de Sainte-Suzanne, l’Office du Développement d’Actions Sociales (ODAS) et les écoles de moringue. Les bénévoles complètent cette liste. Tous ceux qui viendront ce dimanche pourront s’initier à cet art ancestral qu’est le moringue, de la connaissance théorique des règles à la pratique. L’après-midi fera place à la confrontation entre compétiteurs déjà confirmés.
Des Réunionnais se sont rendus au Brésil et au Mozambique caméra au poing. Ils ont filmé la capoeira brésilienne proche de notre moringue réunionnais et celui du Mozambique. La projection d’un documentaire est donc programmée. Le moringue, doucement mais sûrement, revient au-devant de la scène. Des jeunes Réunionnais se le sont réappropriés. Il y a même une reconnaissance des institutions. Pendant la période scolaire, des animateurs ou moniteurs diplômés (moringue) donnent, dans les centres aérés ou dans les clubs, des cours aux enfants.
Outre la valorisation du moringue à l’occasion de challenge, d’autres activités attendent le visiteur comme les jeux “lontan” ou des parcours à vélos.

Jean-Fabrice Nativel


(1) Mylène Mounichy (Présidente de l’OMCTL), Johan Mounien (animateur), Elien Imaho et Eric Tateya (service communication), Charles Dégérus (DVCS), David Testan (moniteur moring).


Qu’est-ce que le moringue ?

Le moringue, pratique ancestrale, est défini comme « un art africain », « un art guerrier », « une danse guerrière« , « un art de combat réunionnais ». Si sa définition est multiple et que les opinions des historiens divergent concernant la période de son introduction à l’Île de La Réunion, il n’en reste pas moins un héritage séculaire afro-malgache transmis de génération en génération. Pratiqué à la source par les descendants d’esclaves originaires de l’Afrique et de Madagascar, il sera adopté au 20ème siècle par la couche de la population la plus défavorisée.


Le moringue fait partie intégrante du patrimoine culturel

Le moringue qui avait sombré dans l’oubli pendant la période de la départementalisation inspire aujourd’hui le respect des nouvelles générations qui le reconnaissent comme faisant partie intégrante de leur patrimoine culturel. En conséquence, il connaît un nouvel essor. En 1994, le Comité Réunionnais de Moringue est créé par Jean-René Dreinaza. En 2000, il a été recensé plus de 800 licenciés et 18 écoles de moringue réparties à travers l’île. En pleine expansion, le moringue est perçu comme un vecteur de cohésion sociale dans la mesure où il contribue à l’échange entre générations, aide les jeunes à se construire et affirmer leur identité culturelle.


Quelques mots pour comprendre “le moringue réunionnais”

Battre moring : jouer des percussions pour accompagner les combattants.
Bourrante (ou bou y rent) : coup de pied chassé porté de face avec le talon sur une trajectoire rectiligne.
Jouer moring : pratiquer le moringue pour s’amuser ou combattre réellement.
Kas kou san tous : le coup le plus spectaculaire, un saut périlleux conclu par un double coup de talon.
Kou d’pié la roulet : un coup de pied balancé armé de l’extérieur et touchant en haut.
Mauresque : un pantalon ample, mi-long, seul vêtement des combattants, sauf pour les filles.
Rond : l’aire de combat matérialisée par le public sur de la terre battue.
Tèt cink mèt : un coup de tête porté comme une charge de bélier.
Le coq : un terme créole voulant exprimer un bon combattant.


Le combat de moringue

Le combat de moringue est spectaculaire tant par sa mise en scène théâtrale que par ses enchaînements techniques. Les spectateurs entouraient un rond de 3 mètres de diamètre et attendaient avec impatience le début d’un combat qui commençait toujours par le rituel de la provocation. Le rite dans le moringue est en effet un temps fort autour duquel s’organise l’ensemble du cérémonial. Un batteur de tambour, le plus souvent un ancien moringueur, faisait démarrer le moringue en jouant de son instrument. Prologue du combat, le battement était au début lent, sourd, invitant les combattants à se manifester et à entrer dans le rond. Le rôle du batteur de tambour, en fait arbitre de la manifestation, était capital car de lui dépendaient le rythme et l’intensité des combats. Joseph Pitou, né en 1910 à Saint-Benoît, insiste sur le jeu essentiel du percussionniste : « Le tambour rythme le combat. Il fait tourner les adversaires qui se mettent en garde ». Il utilise un autre rythme pour la bataille. Les combattants utilisent les pieds, le talon, mais pas les poings.


Patrimoine culturel oublié de l’Île de La Réunion...

... le moringue, art de combat autrefois pratiqué, fait partie des traditions réunionnaises malmenées par l’histoire coloniale et par les Réunionnais du 20ème siècle. Pourtant, ce legs de nos ancêtres qui associe rythme musical, expression corporelle et pratiques magiques, au même titre que certains arts martiaux asiatiques, est d’une richesse culturelle incomparable. Pratiqué dans le secret des plantations de café ou de canne à sucre au 18ème et 19ème siècles, il décline au 20ème siècle pour des raisons encore obscures, sombrant dans l’oubli et dans l’indifférence de l’intelligentsia réunionnaise. La culture officielle l’ignore, et même si quelques rares défenseurs de la civilisation créole sont affectés par sa disparition, aucune action sérieuse n’est entreprise pour faire revivre et sauvegarder l’art guerrier des ancêtres réunionnais. Honte d’un passé marqué par l’esclavage ou rupture de société due à l’occidentalisation trop rapide de l’univers créole, le débat reste entier et le questionnement sur la pratique du moringue à l’origine de notre réflexion. Il est vrai que La Réunion connaît au 20ème siècle, entre les années 1950 et 1990, un phénomène social encore méconnu, mais d’une importance essentielle : la mutation technico-économique et socioculturelle des années de l’après-départementalisation qui plonge l’île dans une société de consommation et de loisirs.

(Source : “Techniques et apprentissage du moring réunionnais” de Jean-René Dreinaza, préface, Joseph Ardon)


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Messages

  • oui c est une tres bonne idée de populariser le moringue car en metrople on parle que de la capoiera , je me suis renseigner sur le moringue en metropole il n y a pas grand chose sur paris . J’ aimerais prendre des cours de moringue , m ’initier a cette danse que j ’aime tant . j ai été en vacances a la reunion en 2006 et j ai désesperement chercher un dvd sur le moringue mais malheureusement ca n ’existais pas c est vraiment dommage ! en revanche j ai pu me procurer un bouquin qu il fallait commander, le seul inconvenient cest que c est pas evident d apprendre dans un livre . j espere que vous viendrais en tournee en france et qu il aura une exposition eventuellement sur le moringue un jour.

    • Bonjour,
      Pour répondre à votre message,sur PARIS le MORING LONTAN est en cours de création par une section dans le 20 ème et sur l’ESSONNE,Les Yvelines,et la Seine et Marne...Veuillez visitez notre site www.moring.fr et contactez moi pour plus d’information.En fonction du nombre de personne sur Paris je peux organiser un stage de découvert et d’initiation sans problème.
      A bientôt.
      G.GOURDIALSING

      Voir en ligne : MORING LONTAN TOULOUSE ET PARIS


Témoignages - 82e année


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