Joie et espérance justice et paix

… PORTEURS D’AVENIR !

11 avril 2009

Pourquoi crucifier Jésus ? Il ne fait rien de mal. Il ne veut que le bien. Mais il dérange trop. Il remet en cause les idées sur Dieu et sur l’homme. Dieu et l’homme, le ciel et la terre ne forment qu’un en la personne de Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, vrai homme et vrai Dieu. Dieu ne réside pas seulement dans le ciel des nuages. Il est partout et d’abord dans le cœur de l’homme et de la femme qui deviennent le Temple de l’Esprit Saint. La personne humaine est créée à l’image de Dieu en Jésus-Christ. Elle n’est pas destinée à pourrir dans la terre. Elle est faite pour la réussite de sa vie en vie éternelle. Elle sera ressuscitée comme le Christ.

Alors, ils ont beau le crucifier, le troisième jour après sa mort, Jésus fait voler en éclats son tombeau. Ressuscité ! Il est ressuscité pour que aucun être humain ne soit jamais plus prisonnier du Mal et de la mort. La puissance de l’Esprit nous est offerte à tous pour que tous, nous menions le bon combat de la foi. Il s’agit de construire un monde fraternel, à la gloire de Dieu « Notre Père » et pour notre propre bonheur. Comment laissons-nous agir la résurrection du Christ en nous ? Quelle est la qualité de notre vie où nous avons besoin de gagner et de partager notre pain quotidien, fruit de la terre et du travail des hommes ?

Mais la terre ne peut pas donner de fruits sans le soleil et la pluie venus d’en haut. La synergie des forces cosmiques nous échappe. Elle s’oppose à notre orgueil de nous donner à nous-mêmes la vie, et cela par nos seules capacités (1). La résurrection du Christ nous ouvre un chemin vers Dieu et vers nos frères, dans la prière et avec nos efforts à humaniser notre société. Nous savons que les chemins de croix de nos vies débouchent sur la lumière et qu’en cheminant avec les autres, nous devenons porteurs d’avenir. C’est cela la force de notre espérance.

Notre monde est dans la crise financière et économique. C’est avant tout une crise morale parce que c’est une crise du sens de la vie et des relations humaines. Elle nous pousse à réfléchir et à faire des choix sur l’essentiel. Elle secoue l’humanité, ébranle les mentalités et exige la fin d’un monde où l’argent s’est fait roi, où le pouvoir fait que les puissants éliminent les plus faibles, où l’exaltation de la sexualité débridée finit par détruire l’amour et anéantir les familles. Les chrétiens, les autres croyants et tout simplement les personnes sensées, nous ne pouvons pas nous laisser formater par l’air du temps. Nous sommes invités à réfléchir, à dialoguer, à réagir à travers des comportements responsables pour éviter les miroirs aux alouettes, rechercher aussi de nouveaux modèles de consommation et construire une société où les hommes et les femmes progresseront en dignité par leur créativité, par leurs activités et leur travail. L’avenir est à ce prix. Il s’agit d’une sorte de mort pour renaître autrement. Conditions de la joie. Joyeuses Pâques !

(1) Joseph Ratzinger, Benoît XVI, Jésus de Nazareth, Flammarion, p. 174

Mgr Gilbert AUBRY


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