Première édition de “Zonbriyèr”

Pou mèt anlèr la kour, shakène son shakène

13 mars 2008

Né d’une volonté de faire connaître différents quartiers de l’île, “Zonbriyèr” est avant tout un recueil des ressentis des habitants qui témoignent de leur « attachement à leur coin ».

Le mot “zonbriyèr” n’a pas été choisi par hasard. Luçay Permalnaïck, coordonnateur de ce projet porté par la Fédération des Œuvres Laïques (FOL) de La Réunion, nous explique ce choix : « Il y avait une tradition à La Réunion qui consistait à enterrer, au moment de l’accouchement le placenta et le cordon ombilical, qui avaient nourri et porté l’enfant pendant des mois. Le lieu où le “zonbri” (nombril en créole) était mis en terre était un symbole de l’attachement indéfectible de la personne à son lieu de naissance. Chacun possède donc son “zonbri” d’hier, soit son “zonbriyèr” ». Ce mot évoque également à travers un jeu de mots l’“ombrière” qui protège des brûlures du soleil, mais qui laisse suffisamment filtrer la lumière pour offrir la vie aux plantes par exemple.

6 quartiers à l’honneur pour cette première édition

L’action Zonbriyèr inaugure avec cet ouvrage « l’ouverture d’un colossal chantier culturel », en gardant comme fil conducteur l’éducation citoyenne. « Ce sont des quartiers plutôt perdus et très peu connus. Certains vont même être amenés à disparaître. Il s’agissait donc de donner la parole aux gens qui souhaitaient magnifier zot zonbriyèr. C’est important en termes de mémoire avant que ça disparaisse », nous explique avec enthousiasme le coordonnateur de ce recueil historique. Six zonbriyèr sont donc à l’honneur en cette année pionnière 2007 : Chemin des Cerisiers à la Montagne, Chemin Stéphane à Saint-Pierre, le Lambert à l’Etang Salé les Hauts, le Portail à Piton Saint-Leu, les docks du Port et Trois Mares au Tampon. Le choix de ces quartiers s’est fait dans un premier temps par affinité et grâce au “bouche-à-oreille”.

Activités sportives métisses

Mêlant à la fois des textes en créole et en français, la FOL souhaite mettre en avant cette mixité culturelle qui définit notre île. Et afin d’amener les gens à découvrir directement les quartiers décrits dans le recueil, des randonnées pédestres dites “urbaines” sont proposées dans le cadre de l’UFOLEP (déclinaison de la FOL en matière de multisports pour jeunes et adultes), dont la première a eu lieu autour du quartier du Portail. « Le sport est ici un moyen d’épanouissement et non une finalité. L’objectif reste éducatif. Il s’agit de favoriser la découverte de la culture en milieu sportif. Ces activités sportives dites “métisses” devront permettre cet épanouissement », nous confie alors Thomas Gerdil, délégué de l’UFOLEP et délégué culturel de la FOL.

Diffusés par les services culturels des communes partenaires, les ouvrages sont distribués dans des associations, des librairies et même quelques stations de services au prix unitaire de 10 euros.

Rebecca Pleignet


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Témoignages - 82e année


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