Pour la création d’un pôle culturel et artistique à la Plaine des Cafres

14 mai 2007

L’APECAS, créée il y a 2 ans à l’initiative de André Béton, a investi les locaux de l’ancien APECA de la Plaine des Cafres. Dans ce lieu chargé d’histoire, l’association a organisé le week-end dernier deux jours de réflexion sur l’ouverture d’une UPH (Université des Pays d’Héva). Entouré d’artistes, d’élus et d’associations, André Béton souhaite l’ouverture d’un foyer d’artistes créateurs qui permettrait par la suite de répondre aux besoins de formation des artistes créateurs exerçant en dehors des agglomérations.

André Béton, Président de l’APECAS.
(Photo SP)

En 1936, Fernand Sanglier crée, à la Plaine des Cafres, l’Association pour la Protection de l’Enfance - Centre d’Apprentissage (APECA), aujourd’hui disparue. Aujourd’hui, ces locaux accueillent les membres d’une autre association qui porte le même nom. « Nous avons voulu garder ce sigle, chargé d’histoire, que nous avons rebaptisé », explique André Béton. “L’Association pour l’Éducation, la Culture et les Arts” est une trouvaille de Thierry Bertile, responsable d’une compagnie théâtrale. Aujourd’hui, les locaux de l’APECAS abritent un studio d’enregistrement, un atelier de soudure “Electro et fusion”, une entreprise de design en bois de goyavier, une céramiste et un club d’haltérophilie.
Un Théâtre a également été aménagé, ce qui permet à de nombreuses troupes de répéter leurs spectacles, notamment la compagnie Source Vive, Mascarine et bien d’autres.
L’APECAS a donc organisé le week-end dernier l’Université des Pays d’Héva, une consultation de l’état des cultures artistiques dans les lieux reculés. « L’objectif est de présenter un projet de formation pour ces artistes sur leurs lieux de création, pour qu’ils travaillent dans et sur leur environnement », souligne le Président de l’APECAS.
En substance, outre le fait de se faire rencontrer les gens des écarts et de repérer des talents épars, les rendre performants dans leur pays est primordial pour le développement de nos sociétés créoles.

Réformer l’accompagnement et la formation des jeunes créateurs

« Aujourd’hui, si on veut devenir artiste, on a le choix entre soit faire une grande école, ou alors apprendre soit même tout seul ». Partant de ce constat, André Béton veut accompagner ces nouveaux créateurs, et c’est donc par le biais de l’UPH qu’il espère arriver à ce but.
D’ailleurs, l’APECAS a été créée dans l’optique de réunir des créateurs, des artistes, et comme dit le dicton, « l’union fait la force ». « Il y a beaucoup d’artistes dans des coins reculés comme à Mafate, Grand Brûlé, etc... et rien n’est fait pour ces gens-là. Nous souhaitons que ces personnes sortent de l’isolement », explique André Béton. L’idée n’est pas de créer un conservatoire ou une école des beaux arts, au contraire, c’est de rendre moins conventionnel un lieu d’échanges et de rencontres. « Au-delà de la pratique, nous voulons faire en sorte que le praticien soit performant dans son environnement. Par exemple, lorsqu’il y a un mariage, on vient acheter un cadeau chez le peintre ». Il est vrai que cette pratique n’est malheureusement pas courante dans l’île.
L’association a la volonté d’écrire un modèle d’accompagnement et de formation de ces personnes qui n’ont jamais l’occasion de sortir de leur environnement. Et pour cela, elle demande l’adhésion et la participation des Collectivités. Néanmoins, ce projet n’en est qu’à ces débuts et nous souhaitons vivement que cela se concrétise, pour valoriser les talents de nos artistes péï.

Le représentant de la Mairie du Tampon, Josian Soubaya, également présent pendant ce week-end, a tenu à saluer cette initiative qui apportera un plus à ce quartier de la Plaine des Cafres. L’association pourra aussi compter sur le fonds communal à la création d’aide artistique « créé justement pour soutenir ce type d’action qui est source d’équilibre et de bien-être pour l’ensemble des participants ».
La Région Réunion, représentée par Joachine Dhaussy, a assuré l’association de son soutien dans ce projet qui « contribuera à faire émerger l’épanouissement humain. Et l’on sait combien cet épanouissement est important et apporte beaucoup de bien dans la vie quotidienne de l’Homme ».

La Plaine des Cafres est donc amenée à devenir le pôle culturel et artistique du Sud, un centre de ressource et lieu de formation artistique. L’APECAS va faire renaître ce quartier sous un autre angle, plus joyeux. Et oui, à la Plaine des Cafres, il n’y a pas que l’agriculture et le volcan.

Sophie Périabe


D’où vient Héva ?

« Il y a d’abord Héva, l’une des premières femmes, sinon la première qui a lutté pour la liberté et rejeté l’humiliation de l’esclavage. Héva partagea pendant 25 ans la vie d’Anchaing, l’un des premiers marrons sur le Piton auquel il a laissé son nom dans le Cirque de Salazie. Elle donna le jour à 8 filles qu’elle éleva dans l’amour de la liberté », extrait de “Filles d’Héva”, 1984.
L’appellation “Université d’Héva” revêt un caractère important pour cette association qui tenait à saluer la force et la combativité de cette femme et des femmes en général. « C’est un symbole fort ».

SP


Rencontre avec Charly Lesquelin, artiste de Saint-Joseph

« Le jour où moin s’ra pu reconu par mon peuple, moin s’ra perdu »

Originaire du quartier des Lianes, ce Saint-josephois est un artiste militant depuis une quinzaine d’années. « Nous sommes une grande famille d’artistes, et quand André m’a demandé si je voulais participer à son projet, j’ai tout de suite été très enthousiaste ». Depuis 1982, il peint des toiles et expose tous les 2 mois ici, en France, en Malaisie. Au début, il faisait essentiellement des portraits, il a d’ailleurs travaillé avec André Béton à ses débuts. Après quelques années de galère, aujourd’hui, Charly vit de sa passion et reconnaît avoir eu de la chance car il a réussi à se faire un nom. « Ça a été vraiment très difficile au début, il fallait sans cesse travailler, c’était un combat chaque jour. J’ai essayé de médiatiser au maximum mon travail pour que les gens me connaissent ». Reconnu dans le monde et surtout par “le créole de base”, pour Charly, le pari est gagné car « le kréol y intérèss a lu a lar ». Vendus entre 250 et 500 euros, ces tableaux se vendent autant à des étrangers qu’à des Réunionnais, et de cela, il en est fier.
« Le jour où moin s’ra pu reconu par mon peuple, moin s’ra pèrdu ».

SP


Un club d’haltérophilie à l’APECAS

Juste le temps de s’équiper en matériels, et dès le mois de septembre prochain, le club d’haltérophilie du Tampon ouvrira une annexe dans les locaux de l’APECAS à la Plaine des Cafres. En attendant cette ouverture, le club a organisé des démonstrations lors du week-end organisé par l’APECAS pour faire connaître cette discipline aux invités.
« Le club du Tampon est ouvert depuis 2 ans et compte une soixantaine d’adhérents », explique Jean-Marie Habiera, Président du club d’haltérophilie du Tampon et qui faisait partie de l’équipe de France dans les années 70. D’ailleurs, il était très fier d’annoncer que 5 de ces jeunes étaient qualifiés pour le prochain Championnat de France, deux en minime, un en cadet, en junior et en senior.
« L’haltérophilie propose une éducation posturale, c’est-à-dire comment se tenir droit, comment bien se positionner, et cela aide dans la vie courante ».
Alors, pourquoi installer une annexe à Bourg Murat ? « Vous savez, Bourg Murat est le fief de cette discipline à La Réunion, et c’est le service sportif de la mairie annexe de la Plaine des Cafres qui nous a demandé de dispenser des entraînements dans ce quartier qui était demandeur ». A terme, ce projet permettra de redynamiser les écarts et pourquoi pas de susciter des vocations chez les jeunes.

SP


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Messages

  • Je suis heureux d’apprendre que sur ce site aujourd’hui les gens investissent, car moi j’ai vécu mes 5 plus belles année de 1967 à 1972 avec un beau gymnage, un beau terrain de foot et un apprentissage hors pair et puis les politiques sont passaient par là il nous restaient que nos yeux pour pleurer. Aujourd’hui je suis chef de service éducatif et je suis fier car je me dit j’ai réussi


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