’Dékolonant pa nou’

Pour marquer le 10 Mai et le questionner

12 mai 2006

’Dékolonant pa nou’. La pièce écrite et mise en scène par Teddy Lafare-Gangama, jeune étudiant et responsable associatif militant, est venue marquer la célébration du 10 Mai, jour national de commémoration de l’esclavage comme crime contre l’humanité.

La pièce "Dékolonant pa nou" est en fait un poème, porté par un quatuor d’acteurs et d’actrices, soutenus par de la musique et par des projections vidéos. Le déroulement suit l’ordre des lettres de l’alphabet créole, (sans X, sans Q...) et aborde autant de mots (maux) qui sont des points névralgiques de la thématique colonisation/décolonisation.

Décolonisation ?

En ce jour de commémoration, l’auteur questionne par son titre même les rapports qui peuvent exister entre décolonisation et réécriture de l’Histoire. Il nous invite également à une révolte permanente, dans la lignée de celle qu’inspire le mouvement de la négritude. Conscients, volontiers provocateurs, le propos se négocie toujours par jeux de mots, par glissement de sons, de sens, s’appuyant sur de nombreux néologismes. L’Université et son service culturel ont soutenu cette création, sans doute la seule qui se soit inscrite directement en lien avec le 10 Mai.
Ce nouvel essai, entre théâtre et poésie, après "z’amalgame", n’en est qu’à sa deuxième représentation, la première ayant eu lieu mardi soir, en amont du Tempo Festival. La mise en scène se veut minimaliste, et c’est dans un décor de pages volantes, de moques et de bidons vides que les mots, mais aussi la musique, nous ont baladés d’une lettre à l’autre, du mot déportation à celui de transfert de population, en passant par la dékolonantisation.

Eiffel


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Témoignages - 82e année


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