Souvenir des victimes et des héros de la Déportation

Pour qu’on n’oublie jamais ...

30 avril 2007

Cérémonies militaires et civiles, hier, devant le Monument aux morts de l’Avenue de la Victoire. Anciens combattants, militaires, représentants de l’Etat, personnalités politiques, des jeunes écoliers et badauds dionysiens ont participé à la commémoration du souvenir des victimes et des héros de la Déportation.

Des enfants portent lecture du nombre de victimes des déportations nazies, camp par camp.
(photo WT)

La journée du Souvenir, c’est l’occasion de rappeler le nombre de victimes du programme hitlérien de purification ethnique. L’histoire a de tristes pages, qu’il faut continuer à raconter, pour jamais n’oublier, pour ne pas être tentés de refaire les erreurs du passé. À ce moment solennel, des enfants portent lecture du nombre de victimes, camp par camp. Mais savent-ils toute l’horreur de ces lignes lues d’une innocente intonation ?
Un ancien combattant prend la parole. D’une voix grave et solennelle, il engage la lecture d’un message des déportés, qui en appelle au souvenir des jours néfastes, quand eux, meurtris par la furie hitlérienne, croyaient encore en un monde de paix. Il rappelle l’importance de l’enseignement de cette histoire. Alors, saluons par avance les anciens déportés et les familles de ceux sacrifiés à la déportation, eux qui ont appelé la France à son histoire. La loi du 14 avril 1954 consacre le dernier dimanche du mois d’avril “Journée nationale du Souvenir des victimes et héros de la déportation”. Au début des années 1950, les survivants de la déportation, et les familles d’anciens déportés qui n’avaient pas survécu, souhaitaient voir inscrite au calendrier une célébration nationale commémorant la mémoire de la déportation. Le dernier dimanche d’avril avait été retenu, puisque proche des cérémonies de la libération de la majorité des camps, et qu’il n’enlevait aucune autre célébration nationale ou religieuse du calendrier des célébrations nationales.

Chiffrer le chaos ?

« Tatoués, classifiés par des insignes, sacrifiés », la déportation fait référence à une page sombre de l’histoire européenne. Avec 5 millions 100.000 victimes de la Shoah, c’est dire la catastrophe ethnocide qui s’est jouée en Europe durant la Seconde Guerre mondiale. Encore faut-il compter les tsiganes, qui verront un tiers de leur population livrés à la folie hitlérienne, soit 250.000 victimes. Pour autant, il ne faut pas oublier les combattants de la liberté. 550.000 à 650.000 déportés ne relevaient pas de la solution finale et ont connu les prisons et les camps nazis pour leurs idées. En France, près de 86.000 déportés de répression sont à enregistrer, dont des résistants, des politiques, des otages, des républicains espagnols (7.000). 40% de ces déportés mourront de la déportation. S’ajoute aussi un petit nombre d’exilés religieux autre que juifs, dont presque 6.000 témoins de Jéhovah, distingués par leur triangle violet. 1.200 d’entre eux ne sortiront pas vivants des camps pour n’avoir pas voulu participer à la guerre, et pour leur neutralité politique. Sur les 100.000 Européens arrêtés pour homosexualité, près de 10.000 connaîtront les camps.
Bref, cette célébration devrait honorer toutes les victimes de la déportation, dans leur nombre le plus exact. Est-ce seulement possible ? Les historiens eux-mêmes ne peuvent avec précision s’entendre sur un nombre défini. Reste donc la mémoire de ceux-là, déportés inconnus...

W.T.


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Témoignages - 82e année


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