Archivage et numérisation du patrimoine réunionnais

Pour un portail numérisé public de haut niveau

28 septembre 2006

Imaginer, sur le réseau Internet, un portail commun des institutions culturelles de La Réunion, qui permette d’accéder d’un seul ’clic’ vers toutes les bases de données de l’île à contenu patrimonial, ce n’est pas une vue de l’esprit et c’est peut-être pour bientôt ! C’est à quoi travaillent l’École des Beaux-Arts de La Réunion et l’Université de Paris-VIII, qui viennent de tenir, au Port, un séminaire du plus haut intérêt.

Le séminaire qui s’est tenu au Port du 19 au 22 septembre, dans les murs de l’École des Beaux-Arts, a réuni la plupart des institutions culturelles de l’île concernées par la valorisation du patrimoine : qu’il s’agisse des musées, bibliothèques ou médiathèques, services culturels des collectivités, Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise, archives, Muséum d’histoire naturelle...
Les organisateurs n’ont eu qu’à se féliciter d’un afflux qui témoigne de l’intérêt que ces institutions portent à la valorisation du patrimoine réunionnais dont elles sont dépositaires. La rencontre s’est déroulée sur quatre jours et le cinquième jour a donné lieu à des visites de terrain dans les différentes institutions.
Le séminaire a été animé par trois intervenants de haut niveau, dans le cadre de la plate-forme de recherche doctorale “sciences et arts” instaurée entre l’université de Paris-VIII et l’École des Beaux-Arts de La Réunion. Jean-Pierre Dalbera, chercheur associé à l’université de Paris-VIII, a été pendant près de quinze ans chef de mission de la recherche et de la technologie au ministère de la Culture. Il a notamment initié en 1996 plusieurs campagnes de numérisation qui a permis d’introduire plus de 6 millions de documents numérisés dans plusieurs institutions culturelles, plusieurs ministères. Il est actuellement au Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée.
Ghislaine Azémard est professeur à l’Université de Paris VIII où elle dirige le Master 2 "Création et édition numérique". Elle est directrice du Laboratoire d’Évaluation et de Développement de l’Éducation Numérique (LEDEN) et fondatrice du Prix Möbius international.
Nader Boutros est l’ancien directeur technique du projet Strabon, un grand projet euro-méditérranéen mené dans 12 pays (Strabon.org) devenu l’un des partenaires scientifiques internationaux de la plate-forme doctorale, avec les programmes européens Minerva et Michael.

Pendant quatre jours, ils ont développé les grands axes d’une formation qui visait à mettre les stagiaires à jour des principaux outils, programmes et bases de données utilisés pour la numérisation de leur fonds patrimonial. Quelles sont les grandes tendances du "web" ? Comment évoluent-elles ? Quels sont les outils de recherche ? Comment se fait le stockage des données, le partage des fichiers ? Tout l’apport des nouvelles technologies (le mobile, la 3D) et les nouveaux modes de communication avec les publics ont été passés en revue.
Le projet est de mettre en place "un contexte de réflexion collective", dit Jean-Pierre Dalbera, entre les différentes institutions qui ont un projet numérique. "On leur a proposé de travailler en commun à la création, d’ici peu, d’un portail de La Réunion", poursuit le chercheur associé. Ce portail serait une fenêtre de diffusion des données disponibles sur notre île qui, à terme, pourrait donner accès aux ressources sur La Réunion venant d’autres portails dans le monde. L’idée est de faire "des portails généralistes, les plus complets possibles et de haut niveau", a complété Jean-Pierre Dalbera. de nombreux contacts ont déjà été pris à l’occasion de ce séminaire - par exemple avec des spécialistes du café à travers le monde - et d’autres viendront, pour parfaire ce que les intervenants du séminaire appellent "l’interopérabilité des systèmes". Autrement dit : travailler ensemble, sur un projet commun qui portera haut La Réunion.

P. David


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