Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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27 août 2007

Le Kabardock rouvre ses portes pour un semestre culturel d’enfer, avec des découvertes musicales, le retour à la scène de Narmine Ducap à ne surtout pas manquer (mais l’a-t-il vraiment quittée), du maloya de la relève artistique locale au rock en passant par le reggae, le dub, la pop, la salsamuffin.
C’est l’incontournable figure du séga réunionnais Narmine Ducap qui ouvre le bal, le 7 septembre prochain. S’il est connu pour être un musicien réunionnais reconnu qui a accompagné des vedettes du séga local, notamment Maxime Laope, Michel Admette, il est aussi un compositeur d’exception qui a créé des tubes pour sa fille Michou. Les mélomanes des années 1960 et 1970 ont vu cet artiste, l’ont côtoyé. On l’aurait cru disparu des hits parade. Faux, archifaux ! Kabardock n’hésitera donc pas à lui donner carte blanche, pour un spectacle d’anthologie.
La première partie sera marquée par de l’instrumental séga et la deuxième à une scène ouverte à ses invités. Attention, spectacle à ne surtout pas louper. Mais à La Réunion, il y a aussi plusieurs courants musicaux tout autant incontournables. Le reggae en fait partie. Le 14 septembre, au café-concert du Kabardock, la dernière Docksession de l’année accueille Ver zon roots, Risk O et Stéphane Rochecouste, véritable aubaine pour les groupes émergents. Kabardock s’affiche aujourd’hui comme le lieu de prédilection pour les découvertes. Dub doubèr ! L’arc-en-ciel vert jaune et rouge du Kabardock n’oubliera pas d’élancer ses rayons multicolores sur les provinces des magiciens dub, un concept né en 1994 et qui fait trembler la planète musique, enflamme les dance floors.
Reconnus jusqu’en Jamaïque pour leur art du dub live, ses mazigador du dub veulent mettre le feu dans la salle de spectacle du Port le 29 septembre 2007. C’est prévu, d’autant que le trio brésilo-germano-batave Zuco 103 veut pétarader du bon groove électronica, et pourtant si samba. A découvrir absolument.
Changement d’air... musical
Hip hop, R&B, reggae, dancehall, socca. Le 5 octobre prochain, c’est encore la fête au Kabardock, avec du groove philosophale, un bien médicinal pour les déprimés, désinhibant les complexés et source d’extase pour danseurs et danseuses. Le Pull Up Da s’annonce déjà d’enfer. Le lendemain, le 6 octobre, c’est un voyage en Bretagne qui nous est proposé, un voyage à la découverte du Fest Noz, un kabar breton sous les étoiles. La breizh culture se revendique donc jusqu’à nos portes, alors que l’on oublie qu’un groupe s’illustrait dans son partage culturel entre la Bretagne et La Réunion. Espérons que le Kabardock invitera le groupe Renésens pour cette manifestation louable certes. Mais il faut mettre en avant le savoir-faire réunionnais. Et lorsque l’on connaît le succès des représentations de Renésens, on n’a pas à hésiter. Et puis, pour ceux qui préfèrent entendre la musique dans un cadre naturel, ne loupez surtout Mizik a pat et ses kabar maron, prévus les 19 et 20 octobre. La tradision mounoir !
Le mois de novembre sera marqué par le passage d’OVNIs musicaux. Keren Ann le 27 octobre, Sergent Garcia les 2 et 3 novembre, ça ne se loupe pas non plus. Les amateurs de rock prendront leur mal en patience. Les escales rock ne sont programmés que pour le 30 novembre. Plus que 3 mois d’attente pour découvrir et redécouvrir Thermoboy, Showdus, Warfield, Backstroke, Risk O, les Zeras et Nutcase. Attention, on devra s’attendre à un véritable séisme. Le rock local se veut virulent, et non plus le petit genre mineur. Tamponnais que je suis, je sais que le rock fait depuis de longues années des émules chez nous.
Le mois de la reconnaissance culturelle
Reconnaissance culturelle ? Allez demander cela à Radio Pikan, qui œuvre depuis 25 ans pour la culture réunionnaise, et non pas seulement quand il est facile de lutter. Aujourd’hui, si la langue et la culture créoles trouvent la voie de la reconnaissance, c’est en partie grâce à cette radio associative qui émet depuis Bassin Plat à Saint-Pierre. Elle aura initié bien des combats, est aussi la mère de plusieurs associations culturelles qui ne se l’avouent jamais assez. Kabardock s’associe à un événement. Le quart de siècle de Radio Pikan se fête avec Natty Dread et Ti Fock. Rien que ça ? Non, c’est un kabar lomaz pour ces militants qui ont donné de leur vie pour la reconnaissance de l’identité réunionnaise. Il se donnera le 1er décembre prochain, comme pour ouvrir en beauté le mois de décembre et inaugurer de militante manière l’abolition de l’esclavage. Attendons-nous en effet à du bon maloya.
Le 7 décembre, Lansiv, Zangoun, Simangavole, Kozman ti Dalon et Lindigo détonneront par un maloya neuf, vigoureux, poétique, identitaire, ancestral, jeune en tout cas. Kabardock n’oublie pas la relève musicale locale, pour notre meilleur plaisir. Alors, rendez-vous où vous savez...
Babou B’Jalah
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