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Miel Vert - Apiculture
15 janvier 2007

Miel Vert ne serait pas Miel Vert, si les abeilles n’étaient pas à l’honneur. Hier, les apiculteurs de l’île se donnaient rendez-vous dans la capitale réunionnaise de l’élevage. Après la crise du chikungunya, le miel est-il encore si doux...
Hier, le thème de la journée était la production apicole, mise à mal par l’épandage systématique de pesticides sur l’Ile de La Réunion. Le moustique a reculé, mais aussi les insectes en général. Et encore pourrions-nous dire décimer. L’abeille, nommée la sentinelle de la nature, est aussi l’actrice du développement agricole. Arboriculteurs, producteurs de légumes divers, producteurs fruitiers regrettent la petite bête travailleuse. Laurent Fontanaud, Président du Groupement de défense sanitaire apicole de La Réunion (GDSAR), précise que 30 à 40% du cheptel ont été touchés par les pesticides. Malheureusement, bien tardivement, les autorités ont décidé de faire usage de pesticides naturels, autrement dit le Bti. « Il faut constater 2 points noirs sur l’île, c’est-à-dire à l’Entre-Deux et la région de Saint-Benoît et Saint-André, où les traitements anti-chik ne se sont jamais arrêtés. Dans l’Ouest, les apiculteurs ont constaté une baisse de 50% de leur cheptel. Les miellés de letchis atteigent à peine plus de 10% de la production normale. Coopémiel produit 12 tonnes de miel chaque année, cette année seulement 1,8 tonne. On fait vite le compte », déclare Laurent Fontanaud.
Cartographier les ruchers
A La Réunion, il faut compter 20.000 ruches qui font vivre environ 1.000 apiculteurs. Certes, la filière est présente, organisée, mais il est difficile de référencer tous les ruchers. Le GDSAR, le syndicat apicole de La Réunion, et la Coopémiel lancent donc communément une campagne de géo-référencement, pour cartographier l’emplacement des ruches. La DRASS, les militaires et toutes personnes chargées de la lutte anti-vectorielle (LAV) seront ainsi informés et devront prendre des mesures pour que les 4x4 pulvérisateurs d’insecticides s’arrêtent dans un rayon de 150 mètres autour des ruchers. Le géo-référencement permettra à l’avenir des actions de lutte anti-moustiques ciblées et non plus systématiques par le passage intempestif des 4x4 anti-moustiques. Les apiculteurs devront communiquer les références cadastrales de leurs parcelles où sont entreposées les ruches. « Il importe de profiter de ce répit, pour que tous les apiculteurs se déclarent et participent à cette campagne de géo-référencement pour que les FAZSOI ou les autres s’arrêtent à 150 mètres des ruchers. Il faut que tous, nous soyons mobilisés pour protéger nos abeilles », explique encore Laurent Fontanaud.
Pas de mesures compensatoires pour l’apiculture
Apiculteur, Laurent Fontanaud, jeune président dynamique, entend rebondir sur la situation catastrophique qu’a connue la filière. Pour autant, il importe que les fonds de soutien compensatoire dotés par le gouvernement puissent servir à la profession. Pour l’heure, aucune mesure compensatoire pour la filière apicole, à part quelques encartés de l’AMEXA. Outre cela, il note que l’épandage a provoqué une catastrophe écologique. Les apiculteurs devront attendre 5 à 10 ans pour que les choses se rétablissent, d’autant qu’il est interdit d’importer des abeilles et des reines. L’alternative serait de développer la formation des apiculteurs, pour faire progresser l’élevage des reines “réunionnaises”.
Jean-Jacques Garnier, Apiculteur du Morvan, spécialiste de l’élevage de reines, ouvre la voie, en formant 25 apiculteurs réunionnais. Malheureusement, plus de places pour cette formation, il faudra donc attendre plus tard ; mais rien n’empêche ces nouveaux formés d’inculquer leur savoirs. N’oublions pas que lorsqu’un apiculteur produit 1 euro de miel, il aura généré 30 euros autour de lui. La nature a besoin de l’abeille ; et aujourd’hui, l’abeille a besoin de nous.
Bbj
Le GDSAR, qu’est-ce que c’est ?
Le Groupement de défense sanitaire apicole de La Réunion, association loi 1901, fait de la santé de l’abeille son souci, son credo. Il assure un accompagnement technique de qualité. En apportant son concours moral, technique, matériel et financier au directeur des services vétérinaires, cette association concourt à la lutte contre les maladies des abeilles.
Tout apiculteur qui veut prendre contact avec le GDSAR peut le faire par mail : [email protected]
ou à l’adresse suivante : 46 bis, rue du Four à Chaux 97410 Saint-Pierre ;
Téléphone : 0692.12.37.85
MADA’Beilles ou une forme de commerce équitable
En parrainant une ruche déposée sur un site malgache, on peut aider une famille, un village. Le miel a sa vocation humanitaire ; et les militants de MADA’Beilles font un appel aux Réunionnais. Développer l’apiculture à Madagascar et la formation des apiculteurs coûte peu. 50 euros par parrainage, et cela permet de construire des ruches, pourvoir à leur entretien, à la technique de collecte et de conditionnement. Cette opération participe à l’élaboration de micro-projets de création de ruchers biologiques permettant d’encourager la sauvegarde du patrimoine végétal malgache et d’assurer le soutien d’une replantation de plantes mellifères sur sites. Profondément ancrée dans le principe de commerce équitable, c’est une démarche de coopération régionale au service du développement économique de Madagascar. La production et la vente du miel produit à Madagascar servent d’abord au marché local malgache, et peut-être écoulé sur notre marché. Akoz pa ?
Toute personne intéressée peut prendre contact avec MADA’Beilles au numéro suivant : 0262.33.63.25 ou au 0692.86.51.41.
ou écrire à MADA’Beilles, 7 rue de l’abeille 97430 Le Tampon.
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