28 novembre 1942 - 28 novembre 2006

Quand Le Port se souvient... avec les enfants des écoles

2 décembre 2006

Pour les Portoises et les Portois, le 28 novembre n’est pas un jour comme les autres. La date réveille des échos toujours présents dans la mémoire de la ville. Depuis ce jour du 28 novembre 1942, en pleine Seconde Guerre mondiale, où l’arrivée du contre-torpilleur le “Léopard” a signé la fin du régime de Vichy à La Réunion. Chaque année, le vieux cimetière voit se rassembler les fidèles du souvenir autour des tombes des personnes victimes des affrontements de cette journée historique.

Cette année, la tradition a été respectée, mais la cérémonie s’est parée de couleurs encore plus vives que d’habitude du fait de la participation des élèves de 2 classes d’écoles du Port. Des enfants qui ne se sont pas contentés de jouer le rôle de spectateurs, mais qui ont été des acteurs créatifs de cette matinée.
La narration des événements de cette journée a été “prise en main” collectivement par les enfants, qui se sont succédé au micro sur un rythme enlevé, chacune ou chacun délivrant une phrase d’un récit haletant qui fait revivre le fil des événements... depuis l’aube où se répand la rumeur du débarquement des Forces Françaises Libres à Saint-Denis... en passant par le rôle majeur joué par Léon de Lépervanche et ses camarades dans la contribution de la ville ouvrière à sa libération, y compris les armes à la main - des affrontements qui feront une victime, Maurice Odon -... sans oublier les salves d’obus tirés du “Léopard” qui tombent sur la Pointe du Phare mais aussi sur la Butte Citronnelle, tuant 2 femmes du Port, Mme Rebella et Mme Boïna... jusqu’à la reddition finale de l’officier fidèle à l’autorité de Vichy et les 2 nuits de veille du “Comité de Salut Public” du Port en attendant la libération effective de La Réunion le 30 novembre 1942.
Après avoir chanté en chœur 3 couplets complets de la Marseillaise - performance assez rare pour être notée ! -, les enfants ont ensuite déposé des gerbes sur les 3 tombes de ces personnes qui ont laissé leur vie le jour même où leur île voyait s’ouvrir le ciel de la liberté recouvrée. Une quatrième tombe a été fleurie, celle de Léon de Lépervanche, dont M. Eugène Rousse a rappelé en quelques mots la stature historique, pour Le Port comme pour La Réunion.
Le 64ème anniversaire de la libération de la ville aura donc été célébré d’une façon très émouvante et pleine de sens. Le sens qui apparaît chaque fois que les jeunes générations s’approprient la véritable histoire de leur île, consolidant le fil qui les unit aux générations précédentes, dont les luttes ont forgé La Réunion d’aujourd’hui.
L’initiative est à saluer, à la fois de la municipalité portoise et des partenaires de l’Education nationale, inspecteurs, directeurs d’écoles, Mme Florelle Gaspard pour l’école Vendomèle, M. Patrick Bègue pour l’école Ariste Bolon, mais aussi, tout particulièrement, la maîtresse, Melle Michelle Lambert, et le maître, M. Clifford Ah-Ko, ainsi que le coordonnateur ZEP, M. Frédéric Payet.
De même que la préservation de l’environnement et du cadre de vie, dont les thèmes sont souvent au centre des grandes actions des classes de nos écoles, la préservation du souvenir de notre histoire doit continuer, comme en ce 28 novembre dernier, à être une priorité.

Alain Dreneau


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