Festival des voix du monde

Quand on chante au monde entier

23 mai 2007

C’est un événement culturel à ne surtout pas manquer, réunissant des voix du Mali, du Portugal, de Madagascar, de l’Hexagone et de notre île. Le stade de l’Est oublie un temps soit peu son calendrier sportif, pour nous livrer de l’authenticité, de l’originalité.

Né en 2005, la première édition du Festival des Voix du Monde avait déjà marqué les esprits, avec des voix venus du Maroc, d’Algérie, entre autres. Cette année, les Réunionnais peuvent venir découvrir un spectacle son et lumière pas comme les autres. Là, c’est d’opéra qu’il s’agit, ou encore du Fado, du chant polyphonique, sans oublier notre maloya, et nos voix réunionnaises, fussent-elles novices. Point d’orgue de cette manifestation, c’est la programmation de Carmen, revisité à souhait, et volontiers gigantesque. Quelque 300 personnes, choristes, solistes, danseurs, moringèr, figurants, seront sur la scène, sans compter les chevaux, la calèche, les Harley Davidson, la Cadillac. Bref ! tout ce beau monde vous donnent rendez-vous les vendredi 1er et dimanche 3 juin, pour découvrir cette mise en scène exceptionnelle et moderne de Jean-François Vinciguerra, et présentée par Eve Ruggieri, marraine de la manifestation.

Distributions, réunionnaise et internationale

Prosper Mérimée, auteur de la nouvelle "Carmen", pourrait se retourner dans sa tombe. Mais bon ! Cette œuvre, écrite en 1847, se devait d’être revisitée. Du tableau andalou au sol réunionnais, il fallait une bonne touche d’audace, surtout dans cette formule “gigantesque”, et c’est le cas de le dire. Jean-Pierre Haeck, directeur musical de ce projet hors normes, Geneviève Soubirou, créatrice lumière, et Jean-François Vinciguerra, metteur en scène, proposent en effet un opéra “hors site”, relevant le défi d’être présenté dans un stade. On doit aussi se réjouir de voir des Réunionnais impliqués dans la mise en place de cette manifestation, notamment Éric Languet, le chorégraphe de la Compagnie Danses en l’R, de Jean-Louis Tavan, directeur musical de CantaRéunion, et du comédien Arnaud Dormeuil. Il faut dire que les voix réunionnaises, 180 en tout, ont été largement sollicitées, sous la direction de Jean-Louis Tavan, et que les figurants, cavaliers, motards sont “an poundiak”. 15 moringèr de l’Ecole de Moringue des Tamarins de Sainte-Clotilde, 20 danseurs aussi, élèves chanteurs, lycéens figurants. La Rénion lé anlèr ?
Et puis, comment envisager Carmen sans penser à la Callas ? Eve Ruggieri lui dédie une conférence à l’ancien hôtel de ville de Saint-Denis, jeudi 31 mai, à 18h30.

Un tour du monde en musique

Le festival des voix du monde propose également d’autres spectacles décentralisés sur la commune de Saint-Denis. Ce vendredi à 20 h, dans le grand hall de Jeumon, trois voix lanceront les festivités. Nahawa Doumbia, l’ambassadrice de la culture malienne, nous chantera sûrement “Djinna mousso”, son chant protecteur. Patricia Philippe va quant à elle “choké”, kayanm et roulèr, pour mettre le feu, l’ambiance à tout cassé, après la première partie de la compagnie Emmanuelle Bunel du Nord-Pas-de-Calais. Dimanche 27 mai, la journée dominicale sera ponctuée par les sonorités polyphoniques de Madagascar avec le groupe Tsi Ahy, qui signifie « rappel ». Un clin d’œil à notre lien inconditionnel avec la grande île ! A 16 heures, les musiciens malgaches vous attendent près du kiosque du Barachois. Mercredi 30 mai, c’est Cristina Branco qui tient la vedette, au théâtre de Champ Fleuri, pour nous convier à la rencontre du fado, un art musical portugais. Spectacle à voir absolument à partir de 20h. et quand on croit le festival fini, quand les voix se reposent, ce sont nos yeux qui sont interpellés par les œuvres de Rachid Khimoune, du 4 au 23 juin, à l’ancien Hôtel de ville de Saint-Denis. Allez vous faire plaisir.

Bbj


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus