Du 14 au 17 janvier derniers

Quatre jours de festivités : la fête du Pongol à Saint-Benoît

21 janvier 2009

C’est la deuxième année que l’association Siva Soupramanien organise la fête du Pongol. D’habitude, le jour de l’An Tamoul est fêté le 14 avril. Sur décision du Gouvernement de l’Inde, le jour de l’An Tamoul sera le 14 janvier de chaque année.

Une exposition avait été organisée, rendant hommage aux engagés indiens.
(Photo LK)

L’association Siva Soupramanien a bien fait les choses. La partie cultuelle a été bien séparée de la partie culturelle. Dans une très grande salle, il y avait la vente des objets, de saris et des expositions, dont l’exposition des coffrets des engagés indiens. En fin de matinée, Marc Cadivel, président du temple, a ouvert officiellement les festivités de la fête du Pongol. Il retrace, alors, les critères de cette fête. En Inde, c’est la fête de la moisson. Marc Cadivel nous explique qu’ici, la moisson, c’est la canne, les mangues, les goyaviers...
Il remercie toutes les personnes présentes et rend un hommage appuyé à nos anciens. Il a ensuite expliqué le programme de ces quatre jours de fête.

Ensuite, Marc Kichenapanaïdou, Président du G.R.A.H.TER (Groupe de Recherches sur l’Archéologie et l’Histoire de la Terre Réunionnaise), retrace en quelques mots-clé l’arrivée des Indiens en 1827 comme esclaves, puis en 1852 comme engagés. Il nous parle de la misère de nos anciens qui sont devenus les esclaves des Blancs.

Le représentant de la Chambre d’Agriculture définit la fête du Pongol : « En effet, nous dit-il, dans la célébration du Pongol, il y a trois moments importants :

- En premier lieu, celui de l’adoration des éléments naturels “le soleil, la pluie...” qui ont permis la récolte... Dans le monde où nous vivons, beaucoup de questions se posent sur l’état de notre planète, sur le réchauffement climatique, sur les inondations... Le respect de l’environnement est au cœur de nos préoccupations et des activités humaines en général.

- En second lieu, le moment consacré aux moyens de travail. En Inde, ce sont notamment les bœufs. Vous avez procédé, ici, à la bénédiction de vos outils de travail.

- Et, enfin, celui du partage et des visites entre et chez les amis et les familles ».

Le représentant du Conseil général a exprimé sa joie d’être parmi les invités de l’Association.
André Minatchy, adjoint au Maire chargé des Affaires agricoles, représentait la commune de Saint-Benoît. Qui mieux qu’un agriculteur pour parler de l’agriculture. « ... Cette fête ancestrale inscrite dans le patrimoine culturel de La Réunion doit retrouver sa place. Elle ne doit pas être seulement une fête de la communauté tamoule, mais une fête des Réunionnais d’une manière générale.
Les intervenants précédents l’ont rappelé, le Pongol était inscrit dans le premier contrat des engagés et l’article 8 de ce contrat stipulait clairement que ces travailleurs avaient droit à 4 jours de congés pour la célébrer.
En proposant ces 4 jours de festivités, d’animations et de rencontres, l’Association et la Ville renouent avec cette tradition... ».

A la conclusion des discours, ce fut le représentant de la Région, Yvon Virapin. Discours très court, très efficace sur la portée de la fête du Pongol. A travers son discours, il a rendu hommage à l’ensemble du monde agricole de l’île. Il a voulu surtout dire l’apport du Conseil régional au monde agricole. Il faut encourager et aider les agriculteurs à s’installer.

Puis il y a eu la remise des récompenses à nos anciens par l’Association Siva Soupramanien et par la Chambre d’Agriculture.

Cependant, il y reste un grand regret : l’absence de l’Etat. Pas de Sous-préfet, pourtant à quelques kilomètres de là ; pas de représentant de la Direction des Affaires Agricoles (service de l’Etat, là aussi). Est-ce un oubli ou une ignorance ?

Un correspondant


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