4èmes “Rencontres Vacances Educatives et Loisirs”

« Quel avenir pour les vacances éducatives collectives ? »

7 avril 2008

Cette année, les 4èmes “Rencontres Vacances Educatives et Loisirs” organisées au centre Tamarun tout le week-end étaient axées sur l’avenir des vacances collectives dans notre société qui s’individualise de plus en plus. Une centaine d’animateurs et de directeurs impliqués dans le mouvement d’éducation populaire dans l’île étaient au rendez-vous.

Aïcha Ismaël recevant la médaille d’or de la Jeunesse et des Sports pour son engagement dans l’éducation populaire.
(photo R.P.)

Créées en 1999, les journées de rencontres des professionnels de l’éducation populaire, qui ont lieu tous les 2 ans environ, arborent cette année, à juste titre, une nouvelle appellation : “Rencontres Vacances Educatives et Loisirs”. L’introduction du caractère éducatif a été mûrement réfléchie par les mouvements d’éducation populaire qui constatent un individualisme de plus en plus exacerbé dans notre société axée sur la consommation.
Selon le Président de la Jeunesse en Plein Air (JPA), M. Seethanen, le libéralisme s’oppose à l’humanisme et il serait souhaitable de revenir à des valeurs citoyennes de base permettant à l’individu de mieux s’insérer dans la société qui l’entoure. Et l’éducation, au travers de vacances collectives, semble un bon moyen de permettre à chaque individu, en l’occurrence chaque enfant, qui ne s’intéresse de plus en plus qu’aux jeux virtuels et individuels, de poursuivre son apprentissage de vie sociale à travers le partage et la solidarité.

Distinction entre l’instruction et l’éducation

Et le rôle de l’école dans tout ça ? « En 1882, Jules Ferry instaura l’instruction publique. Aujourd’hui, on parle d’éducation nationale, terme usurpé, car l’éducation est bien plus complexe en réalité », explique M. Seethanen. En effet, même si l’école ne néglige pas cet aspect, aujourd’hui, les professeurs n’ont pas le temps de s’occuper de l’éducation des enfants puisqu’ils doivent avant tout assurer la transmission de savoir qui permettra l’épanouissement professionnel des jeunes dans le futur. De plus, l’enfant, qui est scolarisé 155 jours de l’année sur 365, passe plus de temps en dehors de l’école. L’école ne peut donc pas se substituer à l’éducation de l’enfant. Elle n’en a ni les moyens, ni le temps.

L’épanouissement de l’enfant au sein du groupe

A la question “Une société qui s’individualise de plus en plus a-t-elle besoin de vacances collectives ?”, les représentants des organismes impliqués dans ces rencontres ont tenté d’y répondre tout au long d’un débat auquel les professionnels de l’éducation populaire présents ont participé. A ce sujet, le Directeur régional de la Direction Départemental de la Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative, M. Bertogli, propose de réfléchir en se concentrant sur l’enfant dans le groupe et des moyens de permettre son épanouissement individuel au travers d’une offre d’activités très diversifiées. Il interpelle également les directeurs de centres sur la nécessité de former les animateurs aux notions de nutrition, de psychologie, de sexualité et de toxicomanie.
Le débat instauré a permis également aux professionnels de soulever des problèmes tels que la ghettoïsation et le manque de mixité sociale dans les centres, l’absence de cohésion entre les collectivités et les associations, qui devraient être, selon eux, revalorisées, et le manque de moyens.

Soutenu également par la Région et la CAF, ce moment de partage éducatif et pédagogique a permis tout au long du week-end de partager les expériences de chacun et de découvrir les nouveautés en matière d’activités sportives notamment. A cette occasion, Aïcha Ismaël, ancienne enseignante et figure locale du mouvement populaire, a reçu à sa grande surprise la médaille d’or de la Jeunesse et des Sports en l’honneur de tous ses services éducatifs rendus à la Nation.

Rebecca Pleignet


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