Ilet à Guillaume

Quel sort au chantier école en saison des pluies ?

7 janvier 2008

C’est en principe aujourd’hui que reprend à l’Ilet à Guillaume un chantier-école d’un intérêt tout particulier pour l’histoire de La Réunion : celui de la “réhabilitation” de l’ancien pénitencier pour enfants. Le chantier prendra fin à la fin du mois, mais il reste encore beaucoup de chemin à faire pour une véritable réhabilitation du site.

D’importants éboulis sont survenus sur la falaise surplombant le sentier qui part du kiosque.(Photo collection privée)

Avant de parler de réhabilitation, peut-être faut-il simplement parler de “sauvetage”, œuvre à laquelle s’attache avec acharnement Pascale Moignoux, auteur de Graine de bagnard, roman d’une enfance sacrifiée à l’Ilet à Guillaume. Après avoir mis dans un roman historique tout ce qu’elle avait pu glaner sur l’existence du bagne pour enfants des hauts de Saint-Denis - fonctionnel dans la deuxième moitié du 19e siècle - et de ses petits pensionnaires, l’auteure a tout mis en œuvre pour que des travaux sur site soient entrepris à l’îlet à Guillaume. L’objectif serait d’obtenir une reconnaissance officielle de ce site historique, qui rappelle une des pages douloureuses de l’île.
Depuis la fin novembre, un chantier-école de l’ONF encadré par une association de la Montagne (GENES) a mené des travaux de défrichage. Pascale Moignoux s’y est rendue il y a peu : elle dit avoir été « bluffée par le travail des jeunes du chantier école » : « Non seulement les vestiges connus sont très bien dégagés mais d’autres (murets et fondations), que l’on ne pouvait discerner auparavant, sont superbement mis en valeur » a-t-elle constaté sur place, en découvrant les vestiges d’une petite église.
La partie du chantier qui reprend aujourd’hui, jusqu’au 25 janvier devrait avoir pour objectif la sauvegarde des vestiges eux-mêmes. Mais bien des questions sont encore sans réponse, ce qui n’est pas sans inquiéter l’association GENES et l’auteur des recherches sur ce site protégé. Celle-ci a notamment retrouvé aux archives des plans d’époque, précieux pour identifier les vestiges en place et planifier les travaux des semaines à venir.
Un autre problème en suspens est celui du financement de la réouverture des sentiers d’accès. En pleine saison des pluies - des pluies dont le potentiel destructeur est connu - il serait plus que regrettable que les travaux en cours soient effacés après deux mois de saison cyclonique, faute d’interventions régulières de l’ONF. C’est ce que l’historienne des lieux est allé redire au Préfet au mois de décembre, inquiète de la suite des interventions.
Le Préfet l’aurait assurée alors d’une donation du BTP pour la réhabilitation des deux accès possibles, par le kiosque de la plaine d’Affouches et par la Fenêtre.
En cette saison, après d’importants éboulis survenus sur la falaise surplombant le sentier qui part du kiosque, cet accès est très peu sûr et représente, selon Pascale Moignoux, un réel danger dont elle a informé les autorités la semaine dernière, par crainte que les jeunes du chantier école n’empruntent ce passage. « Assurément, le sentier par la Fenêtre est beaucoup plus sûr » a-t-elle constaté après avoir tenté l’autre passage.
Cette question de la qualité des accès est essentielle à la poursuite du chantier, auquel il faut souhaiter de se poursuivre à la hauteur de ce qui a déjà été fait.

P. David


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