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Fête de la musique
23 juin 2008

Saint-Denis fêtait la musique. Les Dionysiens aussi. Ils étaient nombreux à venir chanter, danser, faire la fête à la musique. Il y en avait pour tous les goûts. Des chœurs au Hard Rock, en passant par le maloya, le séga, le hip-hop, le bal musette et que sais-je encore, la musique décrochait une belle note, 20 sur 20...
Samedi 17 heures. Lécheurs et lécheuses de vitrines découvraient un Saint-Denis musical, et quelques bouchons inattendus. A la croisée de la rue Jules Auber et du carré piéton, un plateau artistique attire déjà du monde, alors que l’appel à la prière retentit du haut du minaret de la plus ancienne mosquée de France. A chacun sa musique, à chacun son tempo. Le pas du marcheur consommateur se change vite en pas de danse. Kozman Ti Dalon envoie un maloya dofé devant le Virgin. On bat la mesure par ici. Un peu plus haut, sur la rue piétonne, un accordéoniste ouvre son répertoire sur une complainte originale, vire sur un bal musette, pour enfin nous faire écouter des airs bien de chez nous. C’est à nous faire revivre le temps des bals populaires sous la salle verte. Des badauds se posent. Des touristes contemplent le spécimen. Encore plus haut sur le Maréchal Leclerc, en face de la poste, un groupe évangéliste s’installe. Alléluia, Jésus ceci, Seigneur cela. Bien évidemment, sur la gamme majeure. La Fête de la Musique est ouverte à toutes les voix. Certaines voies peuvent néanmoins nous surprendre. La musique véhicule bien des messages aériens.
Il est presque 18 heures maintenant. Les forces de l’ordre ferment la rue de Paris aux automobilistes. Les techniciens s’activent. Les mélomanes arrivent. Petits et grands, tout(e) seul(e), en famille, par groupe d’amis, du Barachois jusqu’au Jardin de l’Etat, ils sont là, pour en prendre plein les oreilles. Des musiciens s’affichent sur tel ou tel coin de rue. Ici, c’est du maloya. Là, du blues. On entend dans la cour de la villa Deramond des sonorités clairement marocaines. Le Square Labourdonnais accueille le raffiné Jazz Club. Au Barachois, Rodee Cox anime une scène branchée hip-hop. Plus loin, sur le parking de l’ancienne gare de Saint-Denis, une scène attend des artistes locaux, dont la famille Laope. Sacrée ballade musicale, pour se mettre en jambes. La soirée est encore longue.
Des talents réunionnais !
J’espère que les programmateurs étaient présents, au moins en repérage. Il y avait de nombreux talents qui s’exprimaient lors de cette 27ème édition de la Fête de la Musique. Un m’a profondément surpris par son efficacité sur scène. Verzonroot’s, de Christophe Fruteau de Laclos, est un groupe à ne plus présenter. « Respé po travayèr lanvironeman », chantonnent des connaisseurs. Le clip pour le tri sélectif avec Cycléa a donc marqué les esprits. La musique n’a donc pas que des messages aériens. Christophe a un répertoire rôdé, n’oublie pas de faire des reprises "obligatoires", dont un du maître Péters. Il fallait bien lui rendre hommage en ce jour de fête. Sans lui, notre musique ne serait jamais ce qu’elle est. Son empreinte est indélébile. Je croise Patrice Treuthardt qui, en critique avisé, m’assure de la qualité musicale de Patricia Philippe. Qui n’en est pas convaincu ? Cette grande dame du maloya était sollicitée partout, et a illuminé cette fête dionysienne. Vivement qu’on la découvre sur les grandes scènes, locale, nationale, si ce n’est internationale. Elle est une ambassadrice de poids pour représenter notre patrimoine musical.
Sur le Barachois, je découvrais pour la première fois en live Yaëlle Trulès, qui n’a sûrement pas donné le meilleur d’elle-même. On remarquera néanmoins la qualité de jeu de son percussionniste, Jean Amémoutou, de la dynastie Laope, compagnon de route de Nathalie Natiembé et fondateur du collectif Roulèr Killer. Je crois que cet ensemble de percussions fera bientôt parler de lui, ici et ailleurs. Et puis, comme on s’attarde sur les jeunes talents, je salue les artistes du Conservatoire à rayonnement régional, et leurs professeurs. Saluons aussi tous les anonymes, amoureux de musique qui, en l’espace d’un soir, ont conquis les rues de Saint-Denis. Rendez-vous à l’année prochaine.
Bbj
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