Raconte moi... la littérature réunionnaise De l’exil à l’enracinement

23 juillet 2008

Les Dossiers de l’Association Réunionnaise Communication Culture comptent déjà plus d’une cinquantaine de titres, enregistrements de conférence ou de débats. Le volume 57 intègre la collection ’Lettres et langues’.

L’enregistrement a été réalisé lors de la rencontre Couleur Saphir n° 119 le 12 mars 2008 au centre culturel Le Pelleport à Paris, où Jean Louis Joubert parle de littérature réunionnaise. Ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé de Lettres, docteur ès lettres Jean-Louis Joubert a enseigné à l’Université de Madagascar (1964-1973), puis à celle de Paris XIII où il a dirigé le Centre d’études littéraires francophones et comparées. Il est également conseiller scientifique de l’Encyclopaedia Universalis pour les littératures francophones et directeur éditorial de la revue "Notre Librairie".

Nouveau CD de l’ARCC

Le disque s’ouvre sur les écrivains du XIXe, va de la littérature coloniale au chant poétique de Boris Gamaleya, et comprend les débats avec la salle. Il est aussi question de Jean Lods, des problèmes de la diffusion et de la difficile transitiondu régional au national.
Pendant longtemps, les écrivains réunionnais ne se sont révélés que dans l’exil. Bertin et Parny, Leconte de Lisle et Léon Dierx écrivent et publient à Paris, ne gardant souvent qu’une relation imaginaire avec leur île natale.
Marius et Ary Leblond tiennent à souligner leur naissance réunionnaise pour témoigner de leur vocation à être les propagandistes de la "littérature coloniale". Ils écrivent ainsi sur les bords de la Seine, en adoptant le point de vue de la métropole coloniale.

1950 une date clef

Jean Albany, dans les années 1950, inaugure un mouvement littéraire de retour vers le pays natal qui n’a fait que s’amplifier depuis. Les romanciers d’aujourd’hui, tels Axel Gauvin ou Monique Agénor ont creusé une identité qui se manifeste autant par la création d’un imaginaire que par la recherche d’une écriture insulaire.

Et aujourd’hui ?

Au fil d’une heure de conversation, on aborde aussi bien Jean-Louis Robert, la littérature en créole, la génération des écrivains des années 70-80, le contraste entre les écrivains de l’Océan Indien et ceux des Caraïbes au niveau de la notoriété, Auguste Lacaussade, Georges François et les poètes oubliés du XIXe, d’angoisse existentielle... de Joseph Bédier.

Francky Lauret


Autre CD-Dossier : le volume 58
Littérature réunionnaise d’expression créole

Lors d’un passage à Paris, les frères Gauvin, Axel et Robert, accompagnés de Laurence Daleau, ont proposé à l’ARCC quelques lectures à trois voix. Il avait alors été question de débats, mais aussi - et surtout - d’échanges et de partages autour de mots créoles.
Axel Gauvin et Robert Gauvin avaient traduit en créole réunionnais deux textes, Les Chansons Madécasse d’Evariste de Parny (UDIR, 2005) et Le Cantique des Cantiques (UDIR, 2005).
Robert Gauvin, lui, livrait ses fameuses chroniques, intitulées "La Rényon dann kèr" (UDIR, 2005). Cet enregistrement vous propose ainsi de "désoté" le temps, pour replonger dans cette soirée arrangée autour des mots, qui fut tout particulièrement arrosée en larmes, en rires, en émotions en somme.


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