À chaque jour son poème

Raymonde de Langlard : centenaire et si jeune dans nos coeurs...

18 mars 2008

Il y en a d’autres, des centaines et des centaines d’autres, de ses chauds poèmes qu’Odile-Hèlene Hainault nous a confiés avec la même pudeur que nous avions sentie dans les silences de leur auteur. Des poèmes, en effet, elle en a écrit des centaines. Ainsi faisant, Raymonde de Langlard a su nous laisser, quand son stylo glissait sur le papier de ses cahiers, les sentiments que lui inspire la vie. Profondément croyante, elle a accroché la barque de sa vie au soleil de sa foi. Et ici, et pour ses frères et sœurs croyants comme elle, elle parle à son Dieu.

R. Lauret

«  Je parle à mon Dieu... »
Seigneur, je peins les fleurs, les oiseaux, les nuages,
Le soleil de mon île et son ciel merveilleux.
Je peins ce que mon cœur ressent et je partage
Avec d’autres la joie qui brille dans leurs yeux.

Les couleurs sous mes doigts veulent créer le rêve,
Le rêve d’une vie qui passe comme l’eau
Que l’on veut retenir et qui coule sans trêve,
Que l’on ne peut fixer qu’aux rives d’un pinceau.

Ma vie est un désert, chaque instant est si triste
Dans la maison vide où je n’entends que ma voix.
Tu as donné pourtant à mon âme d’artiste
Des enfants à aimer. Qu’ai-je fait de ma foi ?

Qu’ai-je fait de leur vie, qu’ai-je fait de leur âme ?
Seul, Tu peux mesurer ma douleur de maman.
Aujourd’hui, devant Toi, Christ, je suis cette femme
De l’évangile à qui tu rendis son enfant.

Il est beau dans son corps, qu’il soit beau dans son âme
Mon fils en qui le baptême a marqué ton Nom.
Et je t’offre ma vie, ma pauvre vie de femme
Pour son bonheur et accueillir ton pardon.

Tu es le Dieu d’amour qui pardonne sans cesse,
Qui ouvre grand ses bras à l’enfant égaré.
Presse-moi sur ton cœur, j’ai besoin de tendresse,
Avec Toi, je n’aurais pas honte de pleurer.

Seule, je ne veux plus m’en aller sur la route.
C’est la main dans ta main que j’irai désormais.
Pèlerin d’Emmaüs guérit mon cœur du doute.
Apprends-moi à prier, apprends-moi à T’aimer.

O Christ qui croit en Toi, jamais ne désespère.
Le bel amour humain que Tu m’avais donné
Je veux le retrouver dans la Maison du Père
Avec nos deux enfants pour toujours nous aimer.

Raymonde de Langlard


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