Raymonde de Langlard : centenaire et tellement poète

19 mars 2008

Je vous propose ce jour cet autre poème de Raymonde de Langlard : “Le vieux Port” a été dédié par notre centenaire, alors âgée de 95 ans, à Patrice Treuthard, quand, tant d’années après, « on ne rencontre plus aux abords des bureaux les dockers torse nu attendant leur salaire... ».

Raymond Lauret



« Le vieux Port »

Le vieux Port doucement accorde ses galets
Où viennent se briser les vagues océanes.
À l’horizon, là-bas, le vent s’en est allé
En rêvant aux chalands, qui, sur l’eau se pavanent...

Depuis que les bateaux vont jeter l’ancre ailleurs,
« La Pointe des Galets » habite le silence.
On n’entend plus les cris vibrants des débardeurs
Ni la chanson des treuils qui rythmait leur cadence.

Travailleurs de la mer, chevaliers de l’effort,
Ils ont souvent lutté de longues nuits sur rade
Libérant les cargos prisonniers « du Vieux Port »
Quelquefois sous le vent qui soufflait en tornade...

On ne rencontre plus aux abords des bureaux
Les dockers torse nu attendant leur salaire,
Heureux d’avoir peiné, joyeux et parlant haut.
Notre « Vieux Port » n’est plus la cité ouvrière...

Le Port, 22 juillet 2003
Raymonde de Langlard, 95 ans.


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