Recensement des monuments honorant les victimes de l’esclavage

Recherche stèles commémoratives

24 juin 2006

Les hommages nationaux pour commémorer le passé esclavagiste de La France ont traversé les esprits de toute la nation Française. Plus d’un mois après le 10 mai, une initiative guyanaise appelle à recenser tous les monuments historiques de l’esclavage, du marronnage et de la traite négrière dans les 4 vieilles colonies. Tout le monde peut participer.

C’est par le conteur et activiste culturel guyanais Franck Compper que cette nouvelle m’a été communiquée. En fait, ce projet consiste à réveiller une conscience plus large chez la jeunesse guyanaise, les sollicitant à s’ouvrir sur tous les océans, cela à travers une histoire sombre, marquée par l’esclavage et la traite négrière. Il s’interroge aussi sur l’absence de monument historique célébrant le courage des esclaves. La démarche ne se prive pas des sentiers laissés par les marrons, et la forme de résistance qu’est le marronnage y trouve une place de choix. En fait, c’est toute la jeunesse française qui est appelée à réfléchir sur ce sujet. Ce projet ambitieux, qui projette de répertorier tous les monuments historiques des quatre vieilles colonies, nous invite par là même, non seulement à nous livrer à cet exercice avant le 10 mai 2007, mais aussi à penser à l’hommage à donner à nos ancêtres marrons, dignes combattants pour la liberté. Quelles sont les stèles qui rendent hommage, à La Réunion, à ceux qui ont été pliés sous le joug colonial, ou à ceux qui ont préféré lutter contre l’esclavage, au péril de leur vie ? À chacun de répondre, en envoyant leurs photos à l’adresse mail suivante ([email protected]) et libre à vous de consulter le site Internet http://www.krakemanto.gf

À la rencontre des lieux de la mémoire réunionnaise

D’un point de vue local, nous rappelle l’historien réunionnais Sudel Fuma, deux étudiants débutent un travail dans ce sens, pour interpréter ce patrimoine, intangible et matériel. L’historien note qu’il est important de recenser les stèles, tout en prenant compte de l’apport indéniable du Maloya, du Moringue, du Servis Kabaré (kaf, malgas ...). Il indique que le Conseil général disposerait d’un listing des œuvres rendant hommage aux esclaves et aux marrons. En parcourant l’île, l’œil avisé pourra contempler des stèles, à la Trinité Saint-Denis, à Saint-Paul, à Saint-André, à Sainte-Suzanne, à Saint-Pierre, et tant d’autres communes, qu’elles soient d’initiatives départementales, communales ou associatives. Sudel Fuma note par ailleurs qu’il est important de préserver les lieux de mémoire. Un travail est entrepris au niveau local, et à l’échelle de l’Océan Indien, dans le cadre d’un programme UNESCO. La route de l’Esclave passe inéluctablement par notre île, et les Réunionnais doivent s’engager dans la protection des lieux de mémoire, et honorer ainsi le courage des esclaves et la lutte des marrons. Pour chaque photo envoyée, vous n’êtes contraints qu’à une seule obligation : préciser le nom de l’artiste, la date de création de l’ouvrage, et si possible une fiche explicative de l’œuvre. Ce travail de recherche ne concerne pas uniquement la sphère universitaire. Écoliers, collégiens, lycéens, ou simples citoyens, n’est-ce pas un “devoir” de mémoire ? Une grande leçon pour l’humanité...

Patrick Julie


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Témoignages - 82e année


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