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Aimé Césaire célébré au Panthéon
8 avril 2011, par

Ce mercredi, la République a rendu hommage à Aimé Césaire en célébrant son entrée symbolique au Panthéon. Le président de la République a inauguré une fresque retraçant quelques épisodes de la vie du militant anti-colonialiste, peinte sur un mur du lieu où la République honore ses héros. Pierre Vergès représentait le Conseil général lors de cet événement.
Avant le 6 avril, ils étaient 72 à être honorés au Panthéon, le temple de la République. La dernière cérémonie d’entrée au Panthéon remontait à 2002, date du transfert de la dépouille d’Alexandre Dumas, célèbre écrivain et fils d’un esclave devenu général de la République.
Mercredi dernier, les plus hautes autorités de l’État ont rendu hommage à Aimé Césaire, en marquant son entrée symbolique au Panthéon. Un public nombreux s’était pressé à l’extérieur de l’édifice où il pouvait suivre la cérémonie sur des écrans géants. À l’intérieur, le chef de l’État a inauguré une plaque commémorative et prononcé un discours rendant hommage à l’un des pères de l’abolition du statut colonial dans les "Quatre vieilles" : la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et La Réunion.
Plusieurs Réunionnais ont assisté à cette cérémonie, notamment Élie Hoarau, secrétaire général du Parti communiste réunionnais et député au Parlement européen, et Pierre Vergès, membre du secrétariat du Parti et vice-président du Conseil général.
Pierre Vergès rappelle que cet hommage est rendu à un grand poète qui a toujours lutté pour la transformation de son île en département tout en refusant l’assimilation. « L’assimilation est une mutilation de la richesse du peuple français dans lequel il y a les peuples de l’Outre-mers », ajoute-t-il en substance.
Le contenu du discours du président de la République prononcé dans les murs du Panthéon raisonne comme « la reconnaissance de notre combat pendant des décennies pour refuser l’assimilation », poursuit Pierre Vergès. C’est à Aimé Césaire, un grand homme de l’Outre-mer qui a côtoyé Raymond Vergès et Paul Vergès, qu’un hommage appuyé a été rendu.
Durant cette célébration, le chef de l’État a estimé que "Discours sur le colonialisme" d’Aimé Césaire est d’abord une leçon de morale.
« Debout et pas courbé »
« Que tout le gouvernement soit là pour Aimé Césaire montre l’importance d’être un insulaire debout et pas courbé », souligne Pierre Vergès. Malgré la solennité du moment, cela amène malgré tout à penser qu’il existe encore à notre époque une personne qui traite sa langue maternelle de "créole KK", et qui se retrouve députée par la simple volonté du président du Conseil régional. Face à la persistance de ce genre de comportement, l’exemple donné par Aimé Césaire rappelle que seuls ceux qui sont capables de se lever pour résister arrivent à obtenir estime et respect, même de la part de leurs adversaires les plus déterminés.
« La déclamation des vers de "Tristes tropiques", du "Roi Christophe", la lecture de passages du "Discours du colonialisme", ont été autant de moments très forts d’émotion », conclut Pierre Vergès.
M.M.
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