Une action des élèves du lycée Émile Boyer de la Giroday

Réflexion sur l’impact du maloya à La Réunion

23 décembre 2005

Des élèves du Lycée agricole Émile Boyer de la Giroday de Saint-Paul dévoilaient leur projet “Maloya nout liberté” au début de ce mois.

Anne Gaëlle Tourville, Audrey Michel, Joany Petchiaye et Pascal Sadeyen, élèves en 2ème année de BTS de Gestion et maîtrise de l’eau au Lycée agricole Émile Boyer de la Giroday de Saint-Paul, dévoilaient à d’autres élèves le 7 décembre dernier leur projet initiative et communication intitulé “Maloya nout liberté”. Ils abordaient ainsi une réflexion sur l’impact du maloya à La Réunion et son rôle dans la liberté d’expression des Réunionnais.
Afin d’approcher ce thème sérieusement, Anne Gaëlle Tourville, Audrey Michel, Joany Petchiaye et Pascal Sadeyen avaient convié à la salle polyvalente de cet établissement scolaire Firmin Viry, Danièl Sainguaïny, Danièl Sinamalé et Gabriel Barbe. Ces militants de la première heure pour la promotion du maloya insistaient sur le fait que jouer du maloya publiquement était encore interdit récemment. Quand des Réunionnais le jouaient, aussitôt la répression se mettait en route. Le maloya symbolisait le mal en quelque sorte.

"Zordi la sanz létikèt"

Aujourd’hui, Firmin Viry, Danièl Sainguaïny, Danièl Sinamalé et Gabriel Barbe sourient, mais ils restent songeurs. "Zordi la sanz létikèt, mé lo kontenu i rest parey", constate le chanteur de “Kan moin latendi lo rwa dan lé bwa”. Même si de nos jours le maloya connaît une certaine popularité, ils restent vigilants, car certains le perçoivent encore d’un mauvais œil.
Le maloya ne représente pas la musique des esclaves ou des Noirs mais bien la musique des Réunionnais de toutes convictions qu’elles soient religieuses ou politiques.

Fiers de leurs ancêtres

Anne-Gaëlle Tourville, Audrey Michel, Johnny Petchiaye et Pascal Sadeyen portent un autre regard sur eux, sur la société et surtout sur leur avenir. Leurs recherches leur permettent de mieux comprendre l’histoire de leurs parents. Avant 1848, le maître considérait l’esclave comme un bien sur lequel il avait droit de vie et de mort. Ils venaient d’horizons lointains et variés. Ils ne parlaient pas la même langue et la musique leur permettait de communiquer.
Ces élèves n’ont pas honte de leur histoire. Bien au contraire, ils constatent "le courage et la détermination des esclaves à travailler dans des conditions humiliantes".
Ils peuvent être fiers d’eux et aborder le futur sereinement.

Jean-Fabrice Nativel


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