La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Portrait
12 mai 2012

Voici le portrait de René Émile, 85 ans, un militant de Saint-Leu et ancien combattant de la Seconde de Guerre mondiale.
Ce mardi 8 mai, comme toutes les autres années, M. René Émile était présent à la cérémonie de commémoration de la victoire du 8 mai 1945.
En effet, pendant la Seconde Guerre mondiale, il avait été appelé à se battre pour son pays, à se battre pour la France. A à peine 18 ans, il n’a pas hésité à s’engager et à quitter son île natale pour partir en guerre.
De retour à La Réunion, après la Libération, il redécouvre la misère dans laquelle vivent les Réunionnais, et surtout il n’en peut plus de supporter l’injustice de la situation coloniale. A cette époque, les petits colons devaient se soumettre au bon vouloir des gros propriétaires terriens. La misère sociale, culturelle et intellectuelle de son pays le touchait beaucoup. Alors quand, en 1946, les communistes proposent le changement du statut colonial de La Réunion en celui de département, il fera tout pour que ces derniers gagnent les élections et qu’ils aillent défendre cette loi à l’Assemblée nationale.
Il n’a pas encore 21 ans, l’âge légal pour voter à l’époque, mais il usurpe la carte d’électeur de son frère et se présente au bureau de vote ! « En ce temps là, té y demande pas tout ça papier kom koméla y demande, té pa difficile fé passe à ou pou in autre », nous dit-il sans rougir. Et c’est comme ça qu’il coule un bulletin communiste lors des élections législatives de 46. Léon De Lépervanche et Raymond Vergès seront élus députés de La Réunion et feront effectivement voter la loi de départementalisation, dite « loi du 19 mars 46 », qui fera des 4 vielles colonies (Réunion, Guyane, Martinique, Guadeloupe) des Départements d’Outre-mer.
Aujourd’hui, il ne regrette pas son choix, ni son geste, au contraire, il en est fier. La départementalisation, dit-il, lui a permis de dire non aux colons s’il n’était pas d’accord, cela lui a permis d’avoir sa dignité d’Homme, qu’importe sa condition sociale, c’est essentiel pour lui.
Depuis cette époque, M. René est resté fidèle aux valeurs du Parti communiste à La Réunion. A 85 ans, il en a vu passer des élus, de droite comme de gauche, il en a organisé des réunions, même Paul Vergès a tenu des meetings devant sa maison ! Il n’a jamais rien demandé au parti, mais il sait ce que les communistes ont apporté à La Réunion et aux Réunionnais, et c’est pour cela qu’à son âge, il continue de militer, qu’il continue d’être présent dans les réunions, et même de recevoir les camarades chez lui.
Nous pouvons le dire, M. René est un vrai combattant !
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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