Témoignages - Journal fondé le 5 mai 1944
par le Dr Raymond Vergès

Accueil > Culture > Culture et identité

René Sotaca et Julie Aroubani pour une « Maison du Maloya »

« L’unité, lien social et le regroupement seront les pierres fondatrices »

mardi 21 décembre 2021, par Julie Aroubani, René Sotaca


« Pour ne plus oublier aucun pan de cette belle histoire et dans un souci urgent de transmission, tous ensemble, toutes les collectivités, allons faire un « ron » officiel. Une maison où chaque réunionnais pourra ressentir ce que finalement le maloya a de plus fort comme message, à savoir « in maloya i shant pa tousèl ». », affirment René Sotaca et Julie Aroubani, conseillers départementaux de La Réunion.


Le maloya, est un chant des esclaves venant de Madagascar et d’Afrique de l’Est.
Au Mozambique, maloya signifie « incantation, sorcellerie », au Zimbabwe « grand sorcier » à Madagascar « Maloy aho » veut dire « parler, dire ce que l’on a à dire » ou « malahelo aho » qui exprime la tristesse, la mélancolie. Chacun choisira l’origine qu’il veut tant elles sont liées.

Dans la société réunionnaise, le rôle du maloya n’est plus à expliquer. Comme une complainte, « pouléré » il a servi autrefois à nos ancêtres à exprimer leurs peines et leurs douleurs. Ils s’en sont également servis pour se moquer des maîtres, pour organiser des rébellions.

Il est surtout le lien entre les vivants et les morts, les descendants d’une lignée et ses ancêtres. Les kabarés seront donc interdits sur les propriétés des colons et à la départementalisation cette interdiction sera officielle, le maloya « musique primitive et tapageuse aux postures lascives pour adeptes de sorcellerie, de débauchés et ivrognes en tout genre » sera prohibé par l’administration française.

Nous ne pouvons pas dire que cette prohibition n’a laissé aucune trace, surtout pour le maloya sacré, chanté en « langaz malgas ou makwa » connu des initiés et transmis par l’oralité. La plupart de ces chants sont perdus à ce jour et ces derniers, tout comme les rituels en eux-mêmes, ont fini par se créoliser probablement « dann bitasyon ».

Le maloya profane, lui a su braver les interdictions. Il a même accompagné et accompagne encore toutes les luttes du peuple réunionnais contre les injustices.

Après tant de chemin parcouru, nous pouvons tenter aujourd’hui de classer le maloya en deux écoles :
– Celle des anciens, « dann bitasyon », « dann kalbanon », avec des zarboutans tels que Lo Rwa kaf, Gramoun Lélé, Gramoun Baba, Gramoun Bébé, Manent, Henri, Simon Laguarrigue, GramounSello ;
– Celle traditionnel de la relève, « dan la kour », maloya électrique, saleg, jazz.

Pour ne plus oublier aucun pan de cette belle histoire et dans un souci urgent de transmission, tous ensemble, toutes les collectivités, allons faire un « ron » officiel. Une maison où chaque réunionnais pourra ressentir ce que finalement le maloya a de plus fort comme message, à savoir « in maloya i shant pa tousèl ». L’unité, lien social et le regroupement seront les pierres fondatrices de cette Maison du Maloya. Et comme le disait si bien Firmin Viry « maloya i mor pi »

Les conseillers départementaux du canton 4
Julie Aroubani
René Sotaca



Un message, un commentaire ?

signaler contenu

Plan


Facebook Twitter Linkedin Google plus