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Conférence-débat des étudiants avec “Jeunesse 2004”
23 juillet 2004

’Le droit à la diversité culturelle : condition du développement’. Cette question, largement abordée par “Témoignages” à l’occasion de la parution récente du dernier rapport du P.N.U.D. (Programme des nations-unies pour le développement) intéresse fortement le mouvement ’Jeunesse 2004’ et la population étudiante. Un groupe de réflexion en discutait mercredi, croisant les regards réunionnais, malgaches et comoriens sur ce thème.
Des étudiants réunionnais, malgaches et comoriens ont organisé mercredi dernier à 18 heures 30 au CROUS de La Réunion une conférence-débat sur le thème "Identité et développement". Plusieurs questions ont été abordées.
La première intervention fut celle de Julie Pontalba et portait sur la quête identitaire à travers des exemples des pays décolonisés de la zone océan Indien. Ensuite, Isabelle Saingaïny faisait part de quelques réflexions sur le nationalisme corse et Hubert Mananjoky posait la question de la malgachisation : échec ou réussite ?
Pour Isabelle Saingaïny, il est légitime de demander la reconnaissance de l’identité d’un peuple au sein de la République : "Ainsi, la lutte du peuple corse est celle d’un peuple qui a besoin d’être reconnu en tant que tel".
Pour sa part, Hubert Mananjoky explique que "la malgachisation consistait à rendre malgache ce qui ne l’est pas et ce qui ne l’est plus". Cette “révolution” amorcée dans les années 70 est apparue vingt ans plus tard comme "un échec", le pays s’étant refermé sur lui-même en faisant du malgache la seule langue d’enseignement.
Julie Pontalba s’empressait de donner "un contre-exemple avec les Seychelles, où cela a été une réussite". Quelle place accorder à la langue du pays dans l’enseignement ? Selon quelle modalités ? La question a été longuement discutée.
Un étudiant comorien faisait noter à juste titre que les débats sur la question identitaire ont eu lieu dans son pays du septième au onzième siècle et qu’aujourd’hui aux Comores personne ne doute de son identité comme à La Réunion : "cette identité est aujourd’hui acquise". Mais la question ne finira-t-elle pas par se poser pour Mayotte ? Le même intervenant notait que l’enseignement des langues étrangères a toujours été maintenu au Comores pour permettre au pays de se développer.
Est-il utile de se battre pour le respect et la pleine expression d’une identité ? Est-ce que cette revendication est un vrai combat à mener ? Dans quelle mesure ? Pas au détriment du développement en tout cas, tout le monde en convenait.
Pour les étudiants réunionnais, il faut faire reconnaître nos spécificités. Tous regrettent que la connaissance de notre Histoire et de notre patrimoine ne soit accessible que par une démarche individuelle. La culture réunionnaise doit-elle être cantonnée à une journée, celle du 20 Désanm ? Pourquoi tant de disputes autour de la langue réunionnaise ?
Les jeunes font remarquer que tous les pays libres ont réglé ce problème d’écriture. La discussion s’est poursuivie pendant plus de deux heures, chacun tentant de comprendre la perception de son monde et la construction de son identité.
D’autres conférences-débats seront organisées par Jeunesse 2004. Elles devraient permettre de poursuivre les réflexions et de mettre en place un groupe d’action entre les jeunes des pays de l’océan Indien.
Eiffel
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