Big Up mag : Culture urbaine réunionnaise

Représente la jeunesse, son idéal

23 février 2008

Rodeecox, le cool man, avait fait la couverture du premier numéro. L’ange MC Léo joue des coudes sur le deuxième opus du tout dernier magazine local et le tout premier en son genre. Big Up mag prend son envol. Mais au fait, c’est quoi l’esprit ?

Big Up, l’interjection est une invitation à la fraternité, à l’entourage, au dalonage. C’est aussi un souhait d’encouragement, de prospérité, de croissance... Il n’y a plus que les réfractaires conservateurs pour plaquer sur la jeunesse urbaine l’image de racailles, de désordeurs.
Ceux qui écoutent, ceux qui dansent, ceux qui graphent le savent bien : tout n’est pas qu’une question de style. L’état d’esprit est celui que nous venons de définir, autrement dit en créole : fé pété lo frèr, in sèl lélan, pous dovan, amont ton gayar. Big Up, c’est aussi : tyinbo larg pa, di sak na pou di.

Un magazine « conscient »

Et il y a beaucoup à dire si l’on considère l’épaisseur du magazine : une soixantaine de pages. Avec un dossier dans ce nouveau numéro qui est des plus intéressants : celui du créole au tribunal, un sujet que le magazine déflore avec le jeune Maître Fabrice Saubert. Est-il besoin d’en dire plus pour démontrer que Big Up, c’est un magazine « conscient ».
Pour l’heure, pour grandir de plus en plus big, le magazine est à la recherche des annonceurs, car c’est un gratuit. Rien à voir avec le calendrier qu’est l’Azenda. Rien à voir non plus avec le légendaire Kwélafé.

Culture hip-hop, mais pas seulement

Le magazine est en priorité dédicacé aux passionnés des tendances nouvelles et multiples issues du bon vieux hip-hop de la première génération. Les rédacteurs ont tous été de la Old School. Le graphisme et la mise en page sont placés entre les mains expertes des artistes gravitant autour du Chien Denis Crew.

De la bonne vibe

Culture hip-hop, mais pas seulement, le mag s’ouvre aux événements en général, à la danse, au multimédia, au sport, à la mode, au slam, aux artistes d’ici et d’ailleurs, aux initiatives citoyennes, à la prévention, bref, à tout ce qui peut être dans la bonne vibe. Son lectorat fétiche ? Les 15-25 ans. Le mag ambitionne d’être le miroir de la culture urbaine à La Réunion. Prisca Cerneaux, pigiste au sein de la Rédaction, confie : « Il y a vraiment une attente. Nous n’avons que des retours positifs, élogieux. Les jeunes attendaient un support pour les représenter ». Il est vrai qu’à l’heure où tous les GSM sont des pistes de dancehall, peu de papiers se consacrent à ce qui est « dans le temps ».

Gratuit et disponible

Big Up circule dans tous les lieux de passage, les bars, salles de spectacles, lieux culturels, librairies, stations-services, sorties d’établissement scolaire... Qui dit que les jeunes n’ont jamais aucun livre en main ? Ah, oui, une seule chose, un souhait, on aimerait lire plus de créole à l’intérieur. Même si c’est difficile d’écrire en créole. C’est important. Toi même, tu sais. Et puis ça deviendra de plus en plus facile... Big up.

Francky Lauret


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