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23 juillet, parBaisse de l’aide de la France aux communes qui remplacent les fonctionnaires par des emplois précaires sous-payés
Vendredi à Saint-Leu, samedi à Saint-Denis
10 juin 2004

Elle a su faire émerger de la musique de ses racines africaines, une nouvelle forme d’expression artistique, un label unique : Rokia Traoré. Se situant incontestablement à contre-courant de ce qui peut se faire en Afrique de l’Ouest dont elle est native, Rokia ne cherche pas à choquer, mais va au bout de ses convictions musicales et humaines. "Je sais ou je vais et j’assume de faire les choses différemment". Sans intention de provoquer, elle va à l’encontre des traditions culturelles de son pays, de ses codes qui interdisent aux personnes issues de la noblesse, comme Rokia l’est, de s’exprimer ouvertement et à fortiori de chanter.
Au Mali, l’exercice du chant est réservé aux griots qui, lors des fêtes populaires (Sounou) proposent louages et incantations à un public de l’élite sociale. "Lorsqu’un griot gagne sa vie en chantant, c’est une réussite", reconnaît Rokia. Pour sa part, qu’il s’agisse de son choix anticonformiste au regard des traditions ou de l’usage qu’elle fait des instruments traditionnels de son pays : sa popularité est partagée en Afrique de l’Ouest, alors que de la Chine, aux États-Unis, en passant par l’Europe, sa reconnaissance est internationale. Rokia Traoré ne cherche pas à faire l’unanimité, elle accepte sa culture et respecte les avis partagés : "C’est normal, j’ai mon public".
Et celui de La Réunion - qui ne cache pas son impatience de la retrouver pour la troisième fois sur scène - Rokia est heureuse de lui faire partager les titres de son dernier album "Bowboï". Elle interprétera également des morceaux des deux premiers ("Mouneissa" et "Wanita"), avec d’autres compositions qui ne sont pas enregistrées. Accompagnée de six musiciens qui œuvreront sur des instruments millénaires tels que le n’goni, le balaba, la guitar, etc. et d’un chœur, cette époustouflante et attachante malienne de 30 ans nous promet un spectacle riche en émotion, tout à son image. Artiste fascinante, généreuse et entière, qui apporte un style novateur au paysage de la World internationale, Rokia Traoré fera vibrer, le temps d’un unique week-end, les cordes de son art vocal sans pareil, dans le phrasé de sa langue malienne. À ne pas manquer, le vendredi 11 à 20 heures, à La Ravine Saint-Leu, et le samedi 12 à 20 heures au Théâtre de Champ-Fleuri (infos billetterie : 0262.41.93.00)
Estéfany
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