La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Nout mémwar
21 septembre 2012

Dans le cadre de cette chronique ’Nout mémwar’, nous avons commencé lundi dernier à publier un récit de Charles Marie René Leconte de Lisle (1818 – 1894), intitulé : ’Sacatove’ et paru en 1846. Ce texte, que nous a transmis notre ami Jean-Claude Legros, est consacré au marronnage, c’est-à-dire le combat de nos ancêtres esclaves pour la liberté. En voici la seconde partie, où l’auteur continue à nous donner son regard sur La Réunion, appelée à l’époque Île Bourbon, qu’il compare parfois à l’Île Maurice.
L’île est comme un cône immense dont la base est entourée de villes et d’établissements plus ou moins considérables. On en compte à peu près quatorze, tous baptisés de noms de saints et de saintes, selon la pieuse coutume des premiers colons.
Quelques autres parties de la côte et de la montagne portent aussi certaines dénominations étranges aux oreilles européennes, mais qu’elles aiment à la folie : l’Étang Salé - les Trois Bassins, - le Boucan Canot, - l’Ilette aux Martins, - la Ravine à malheur, - le Bassin bleu, - la plaine des Cafres, etc.
Il est rare de rencontrer entre la montagne et la mer une largeur de plus de deux lieues, si ce n’est à la savane des Galets, et du côté de la rivière Saint-Jean, l’une sous le vent et l’autre au vent de l’île.
Au dire des anciens créoles, la mer se retirerait insensiblement, et se brisait autrefois contre la montagne elle-même. C’est sur les langues de sable et de terre qu’elle a quittées qu’ont été bâtis les villes et les quartiers.
Il n’en est pas de même de Maurice, qui, sauf quelques pics comparativement peu élevés, est basse et aplanie. On n’y trouve point les longues ravines qui fendent Bourbon des forêts à la mer, dans une profondeur effrayante de mille pieds, et qui, dans la saison des pluies, roulent avec un bruit immense d’irrésistibles torrents et des masses de rochers dont le poids est incalculable.
La végétation de Bourbon est aussi plus vigoureuse et plus active, l’aspect général plus grandiose et plus sévère. Le volcan, dont l’éruption est continue, se
trouve vers le sud au milieu de mornes désolés, que les noirs appellent
le Pays brûlé.
(à suivre)
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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