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Belfèt rakontaz zistwar Daniel Honore
26 octobre 2021

Le Festival de contes créoles a débuté hier dans les écoles et à la salle Rwa Kaf de Sainte-Suzanne. Tout au long de la semaine, de nombreuses activités mettront en avant cette tradition de la culture réunionnaise. Samedi, un important hommage sera rendu à Daniel Honoré, regretté militant culturel et initiateur du Festival de contes créoles : l’auditorium de la médiathèque Aimé Césaire portera son nom.
Depuis 2014 la Commune de Sainte-Suzanne s’est donnée pour ambition de redonner ses lettres de noblesse à l’art oratoire et traditionnel qu’est le conte. Tombé dans l’oubli avec la modernisation et les technologies nouvelles, le conte permet de nourrir notre esprit et capture indéniablement notre curiosité Consciente du patrimoine immatériel que représente le conte à la Réunion, la Municipalité de Sainte-Suzanne affirme, ainsi, sa volonté de restituer à cette pratique, la place incontestable qu’elle mérite au sein de la société et de la culture réunionnaise.
Le conte réunionnais tient ses origines d’un brassage de cultures venues des cinq continents, qui a contribué au peuplement de l’Île de La Réunion. Si ce mode d’expression était utilisé, pour distraire lors des veillées et des regroupements, c’était aussi un moyen de transmettre une morale et de partager des sentiments et des émotions. Cette tradition du conte a perduré, pendant des siècles. Depuis les années soixante, la pratique du conte tend hélas à disparaître, dans les foyers, au profit de la télévision, d’internet, des réseaux sociaux et autres types de divertissement.
Sainte Suzanne est une terre d’exception dans l’art du conte. Son histoire liée à la période de la colonisation, de l’esclavage, de l’ engagisme a été le théâtre de ce maillage culturel entre les différents peuples, qui sont à l’origine de la société réunionnaise. De plus, Sainte Suzanne est, depuis des années, la terre de nombreux conteurs de talent comment ne pas citer Gérose BARIVOITSE, dit « lo Rwa Kaf », qui est resté dans la mémoire des réunionnais et qui a œuvré, pour que la tradition du « rakontaz ziztwar » perdure au fil des temps.
Comment ne pas parler de Daniel Honoré. Conteur exceptionnel, écrivain de talent et grand défenseur de la culture et de l’oralité créole. C’est grâce à lui que, depuis 2014 en partenariat avec l’U D I R et la Municipalité de Sainte Suzanne, est né ce grand festival de contes créoles, cette « BELFET RAKONTAZ ZISTWAR » comme il aimait si bien le rappeler. Ce festival, c’est l’amour de la langue créole et la mise en avant de l’héritage du patrimoine réunionnais, c’est aussi la valorisation de ces conteurs confirmés ou amateurs qui, à leur niveau, permettent de véhiculer les valeurs de la société réunionnaise.
Daniel Honoré était un chantre de la langue créole, un « zarboutan nout kiltir » Il disait avoir plus de plaisir à écrire en langue créole, socle de la culture réunionnaise. Ecrire en créole était un acte fort de revendication. Ecrire de la poésie en créole c’était pour lui, pousser un cri, ouvrir son cœur Cette langue longtemps dépréciée, « empêchée », a résisté grâce au militantisme et à l’engagement de certains, au nombre desquels il comptait comme l’un des plus fervents acteurs Avec son roman « Louis Rédona in fonctionnaire » il a voulu expliquer son engagement, dans son combat culturel et politique.
Dans les années 90 il entreprend un travail de collecte de proverbes, dictons, expressions, devinettes créoles, contes traditionnels et histoires, auprès des anciens afin, que cet « héritage immatériel »*, fondamental dans une société marquée par l’oralité, soit préservé et connu du plus grand nombre Dans la continuité de cette action, avec l’UDIR, il met en place des stages de « rakontèr zistoir » formés dans la tradition réunionnaise du « contage » De nombreux rakontèrs issus de cette formation ont souligné le rôle déterminant de Daniel Honoré dans leur parcours. Lui même saluait l’arrivée de cette nouvelle génération de « raconteurs et écriveurs » de la langue créole, qui ont réveillé tant d’expressions créoles trop longtemps oubliées.
MARDI 26 OCTOBRE
kriké kraké à l’école Antoine Bertin
MERCREDI 27 OCTOBRE
kriké kraké dans nos Mercredis Jeunesse
JEUDI 28 OCTOBRE
kriké kraké à l’école les Hirondelles de Commune Ango
VENDREDI 29 OCTOBRE
kriké kraké à l’école les Goyaviers de Bras Pistolet
MERCREDI 27 OCTOBRE
De 17 h à 19 h dans l’ancienne école les Bauhinias à Bel Air
VENDREDI 29 OCTOBRE
De 18 h à 20 h à la Maison du Patrimoine (ancienne gare CFR)
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Mézami souvan défoi kan mwin lé an parmi l’moune mi poz amwin késtyon. Mi domann amwin si mi rapèl koman lo moune lété néna in bonpé d’tan. Mi (…)
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