Sakifo 2008

Sakifo, ça vient de commencer...

8 août 2008

Voilà, c’est fait. Le Sakifo 2008 a brillamment ouvert ses portes à Saint-Pierre. Les spectateurs étaient on ne peut plus ravis par le village de la Ravine Blanche. Avant-hier, ils étaient plus de 10.000 à venir profiter des concerts, et notamment voir Tiken Jah Fakoly. Ça ne fait que commencer. Les Réunionnais devraient encore affluer d’ici le week-end.

La foule est venue nombreuse assister aux différents concerts proposés.
(photo Imaz Press Réunion)

L’ambiance était là. Le village de la Ravine Blanche ne manque pas de charme. Les 3 scènes sont totalement opérationnelles, le son nickel. Le Sakifo Musik Festival a commencé. Lo Griyo ouvrait les festivités mercredi soir. C’est sûr. Cette formation est en passe de toucher les scènes internationales. Il offre un jeu complet, technique, percutant, efficace, exactement ce qu’il fallait pour ouvrir le festival à La Réunion. A quelques encablures de là, sur la scène de La Poudrière, Baster, le groupe mythique de Saint-Pierre, retrouvait son public, presque dans la kour. Baster au Sakifo de Saint-Pierre, c’était presque une obligation. Le public en redemandait. Et puis, il y a eu Asa. Qui a loupé cette voix d’Afrique a vraiment perdu un moment fort en émotion ! Nous étions tous prévenus. Personne n’oubliera ce moment de partage, de rencontre. Asa rencontrait directement sur scène un membre du groupe Lansiv. La fusion est étonnante.
Question fusion, Emily Loizeau a fait fort aussi. Avec elle sur scène, c’est Danyèl Waro qui partage les notes. L’artiste avoue apprécier le travail du maloyèr réunionnais. Le résultat final est surprenant. La première soirée du festival s’achevait sur une note engagée. Les Réunionnais aiment le reggae. Ils ont adoré Tiken Jah Fakoly et son reggae militant. C’est sûr, on peut parler de joli départ pour le festival préféré des Réunionnais. C’est sak i fo...

Des pointures... locales

Hier soir, c’était encore la folie. Bien sûr, il y a eu Keziah Jones, une pointure qui n’aura pas fait de l’ombre à un autre Nigérien, lui, fils du célèbre Fela Kuti. Seun Kuti a prouvé qu’il était le digne héritier de son père, une voix d’Afrique qui douchera toujours le capitalisme, une voix consciente en tout cas. On parle déjà de réincarnation. Seun s’entoure des derniers musiciens de son père, regroupés au sein d’Egypt 80, et propose un afrobeat explosif. On a tous apprécié sa performance.
Pour autant, la soirée a commencé par deux pointures de l’océan Indien. C’est pour cela un tel festival, mettre en avant ce qui se fait de mieux à La Réunion. Gramoun Sello (voir page 16) est un maître incontesté du maloya, et l’a montré à qui ne le savait pas encore. On parle de renaissance du maloya traditionnel. Qui a dit qu’il était mort ? L’autre pointure, c’est Mikea, qui a envoûté le public avec son Beko’n’Blues. Nous espérons sincèrement qu’il vienne encore une fois se produire chez nous. On a souvent rencontré Rajery, et d’autres têtes d’affiches malgaches dont Tiana. Ce serait sak i fo, pour la coopération artistique entre nos deux pays !

Pour tout le monde

A partir d’aujourd’hui, le festival s’ouvre dans la ville, avec une programmation généreuse en concerts gratuits. Cette année, c’est vraiment le changement que l’on attendait. C’est vrai. Il n’y a plus une seule scène gratuite, mais trois. La scène de Terre-Sainte est placée à l’entrée du quartier des pêcheurs, tandis que les techniciens ont créé un plateau Slam qui donne sur le port de Saint-Pierre. Les Jeunes Mariés, Andémya, Backstrocke, Ousanousava, Subash & Tablatronic, Manyan, Alex, Mc Léao, Slamlakour, Sakaf, Grèn sémé, Lao, Kozman ti dalon, Verzonnroot’s, Meddy Gerville, Groove Lélé, Katwali & Moabi, Anarchiste, Malkijah, Laskar, la liste est longue. A vous de choisir. Le menu est varié, et on ne discute pas des goûts et des couleurs. Dimanche matin, venez profiter d’un bon ri shofé sur Terre-Sainte. Dans un quartier de pêcheurs, on espère qu’il y aura au moins un bon la mori griyé...

Bbj


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Témoignages - 82e année


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