Centre dramatique régional

’Sans les artistes pas de théâtres !’

18 avril 2006

Nous reproduisons ci-dessous un communiqué d’un groupe d’artistes sur la question du Centre dramatique régional.

Un groupe d’artistes s’est réuni pour prendre la parole sur une actualité qui les concerne, à savoir l’avenir d’une institution : le centre dramatique régional de l’Océan Indien, et plus largement pour re-questionner la politique publique en faveur du théâtre.
Non, nous ne baiserons pas la main du directeur du centre dramatique ni celle des responsables de structures, ni celle des subventionneurs qui soutiennent il est important de le rappeler : "avec l’argent public" des projets artistiques et culturels dans le cadre d’une mission de service public dont les objectifs "devraient être portés" par tous.
Nous considérons que les théâtres publics ne sont pas des royaumes et que seuls les artistes en font des lieux vivants.
Ré-interrogeons notre mémoire :

Le centre dramatique régional de l’océan Indien n’est pas né ex-nihilo,
Rappelons le travail des compagnies pionnières à la fin des années 70 (mais faut-il les citer ?), le conventionnement de compagnies professionnelles et leur implantation sur l’île (Komela à Saint-Leu, Le Théâtre Vollard à Saint-Denis, Talipot à Saint-pierre, Acte 3 à Saint-Benoît, Les Alberts aux Avirons...), la création d’un Département Théâtre au Conservatoire.
La création du Centre Dramatique en 1998 n’a été possible qu’après ce long travail de développement et de structuration du théâtre ; il est le fruit de toutes ces énergies et de tous ces efforts.
La formule d’Antoine Vitez : "Les théâtres, abris ou édifices ? Rares sont les abris, nombreux sont les édifices", est hélas toujours d’actualité. Les directions d’institutions ne devraient pas être comme des charges notariales qu’on se repasserait des uns aux autres. Alors, quel est le prochain sur la liste ?
CDN, CDR, Scènes conventionnées... Le label gage de qualité artistique ne doit pas relever plus du sigle que d’une politique de développement culturel durable inscrite sur un territoire donné.

Il faut redonner un sens nouveau à l’outil CDR et construire un projet d’avenir, en fonction d’objectifs artistiques clairs, de problématiques liées au territoire et aux publics. Ce qui n’exclut pas l’ouverture sur l’extérieur dont nous avons tous besoin. Un théâtre de service public en phase avec les attentes des artistes et non un projet relevant de plan de carrière personnel.

Le milieu théâtral en grande partie désenchanté a besoin de renouveau
Nous sommes force de proposition pour un projet à long terme provocateur d’idées.
Les institutions ont à peine 50 ans, elles sont jeunes, perfectibles, elles ont marché un temps, nous sommes en devoir de les réinventer, de les faire évoluer.
Il existe dans l’hexagone des CDR, CDN atypiques, des projets originaux menés par des collectifs d’artistes qui sans déroger à l’exigence artistique questionnent leurs territoires et sont de vrais centres de ressource pour les artistes.
La Réunion, elle aussi, est en capacité d’inventer l’outil dont elle a besoin.
Les collectivités territoriales affirment leur droit et leur devoir de gestionnaire de fonds publics d’évaluer le spectacle vivant, les productions, la gestion des équipements. Le rôle de l’état est déterminant mais doit -il être pour autant l’acteur décisif de l’évaluation ?
À présent regardons l’avenir ! Messieurs du Ministère de la Culture déplacez vous ! Du centre à l’ultra périphérie il n’y a qu’un battement de 747 !

Que l’ensemble des partenaires se retrouve autour de la même table avec les artistes que nous sommes pour réfléchir à un projet nouveau dans la construction et à égalité de parole.
Aujourd’hui l’actualité nous mène à nous exprimer sur le CDR mais plus largement c’est la politique de l’ensemble des lieux culturels qu’il faut re-questionner et plus particulièrement la place et l’accompagnement des artistes locaux dans une île où les équipements se multiplient et où dans le même temps, les artistes ont de plus en plus de difficultés à diffuser leurs créations. Public, élèves, professeurs, rassurez vous, le théâtre est bien vivant à la Réunion,
Le CDR ne fermera pas ses portes ! Les projets artistiques ne manquent pas !
Pas de pétition de notre part, ni de cordon sanitaire autour du CDR, le sensationnel n’est pas notre affaire, la construction, elle, oui !

Les artistes : Agnès Bertille, Valérie Cros, Karen Dardelin, Nathalie Dechelette, Lionel Deverlanges, Arnaud Dormeuil, Sandrine Ebrard, Georgette Elise, David Erudel, Mickael Fontaine, Cécile Fontaine, Alex Gador, Didier Ibao, Eric Isana, Joan Jonzo,Laurence Julien, Christophe Langromme, Jocelyne Lavielle, Josée Madou, Lolita Monga,Valérie Paüs, François Robert, Catherine Saget, Thérésa Small, Lolita Tergemina, Yves Tolila, Manuella Zeziquel


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