Les questions du temps présent
21 juillet, parCeux qui n’ont que la France comme horizon indépassable tournent en rond
Expositions
• "RE/unions" au Conseil régional : attention émotion !
23 décembre 2003

L’hôtel de Région présente en ce moment - sous le titre de "RE/unions" - trois expositions en symbiose qui occupent aussi bien le rez-de-chaussée que le sous-sol de la pyramide inversée. "RE/unions" a été inaugurée lors du colloque "Racines et itinéraires de l’unité réunionnaise" organisé par l’Association pour la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise. Le vernissage a notamment permis aux membres de la délégation mozambicaine d’apprécier les liens qui unissent pour toujours notre pays au leur.
Karl Kugel a consacré le hall de la Région au travail photographique qu’il mène depuis 1998 entre le Mozambique et La Réunion. Les différents panneaux de l’exposition mettent en perspective les liens entre "Récits des corps", "Sèrvis Makwalé", un atelier rassemblant des photographes de l’océan Indien, et "Saudade de l’espoir" qui se tient en ce moment au marché couvert de Saint-Benoît jusqu’au 15 février avec les photographes mozambicains.
Des danses de combat au pays Makwa, du danseur Walambo au Jako, l’exposition met en évidence les affinités africaines de La Réunion.
"Sèrvis Makwalé" - travail de création visuelle sur la mémoire et spectacle vivant avec de nombreux artistes, dont Pink Floyd, Danyèl Waro, Nathalie Natiembé - se produira deux fois au cours de l’année 2004, en juin au Mozambique et au Petit Stade de l’Est en octobre.
La troisième partie de l’exposition du rez-de-chaussée présente un atelier itinérant qui s’est déjà rendu à Arles, Maputo, Durban et qui rassemble quatre Réunionnais, un Mozambicain, un Malgache.
Après ce tour d’horizon, il ne reste plus qu’à descendre les marches, pour pénétrer au sous-sol de Crillin Poonooswami. Il présente en ce moment à la Région une avant-première de ce qui va se faire au musée Stella avec Geneviève Pothin. Un travail en rapport constant avec l’esclavage, son thème de prédilection.
Ce jeune Réunionnais, né en 1977, découvre l’art en 1995. Une rencontre fulgurante puisque, la même année, il participe à l’exposition "Jeunes talents" au Théâtre de Champ-Fleuri et remporte le premier prix de sculpture. Trois ans plus tard, lors du 150ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage, ses créations sont présentées sur le site de l’UNESCO.
Après un parcours chaotique, cette réussite artistique est salvatrice. Crillin Poonooswami confie : « Avant de découvrir l’art, je n’avais que trois solutions : la prison, la mort, ou devenir clochard ». Heureusement, il a su trouver une quatrième porte et l’ouvrir tout en grand sur son avenir.
Crillin Poonooswami emploie la technique du torchis, il utilise la terre réunionnaise pour ses créations, estimant qu’elle porte une partie des esclaves dans sa poussière : « les masques de terre, c’est la réincarnation de leur esprit ».
Il présente une série de tableaux avec des sommiers transformés en cadre, qui tendent des gonis où Crillin Poonooswami dessine la mémoire de son pays. Il a choisi le goni car c’est la matière qui agrippe le mieux les mixtures qu’il concocte à base de terre, de bouse de vache, de fibres de chocas...
Au vu de son travail, on peut le croire quand il nous dit « avoir chaud au cœur » lorsque la délégation ministérielle mozambicaine découvre ses œuvres : « zot i artrouv a zot anndan ».
La troisième exposition est celle des masques Makondé, prêtées par la Ville de Saint-Paul. Une succession de têtes, de bustes de femme représentant la fécondité et la fertilité. Des œuvres venues d’Afrique.
Trois expos à voir jusqu’au 31 janvier, et peut-être même jusqu’à fin février.
Ceux qui n’ont que la France comme horizon indépassable tournent en rond
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