Sophie Bazin, une artiste accomplie

20 novembre 2006

Le Conservatoire Botanique de Mascarin de Saint-Leu reçoit, jusqu’au 3 décembre 2006, l’exposition de peintures de Sophie Bazin, “Sortir du corps”. Cette exposition vous transporte dans un voyage différent pour chacun, lumineux ou sombre, impalpable et unique.

Née le 4 mai 1968 à Caen, Sophie Bazin a toujours eu l’âme d’une artiste. Parallèlement à ses études de médecine, elle a été initiée à la peinture à l’huile en 1991 par l’illustre peintre abstrait Françoise Lelouch. La peinture à l’huile restera le fil conducteur de son travail ; il s’y ajoute d’autres pratiques : la photographie, la gravure, les volumes, les performances et les installations. En 1996, devant l’importance croissante que la peinture prend dans sa vie, elle choisit de s’y consacrer entièrement.
En 1997, de sa rencontre avec le plastikèr de paroles Johary Ravaloson naît le personnage à 2 têtes d’Arius et Mary Batiskaf qui signe leurs travaux communs. Il est à l’origine du mouvement “dodo” qui manifeste la fragilité de notre condition humaine.
Après 4 années consacrées presque exclusivement à la production, voici l’année 2006 où elle signe de nombreuses expositions personnelles. Au mois de mai, nous avons eu droit aux “Mémoires organiques et autres réminiscences” à l’Artothèque de Saint-Denis. Elle a ensuite installé ses “têtes turcs” en juillet à Deauville.
Aujourd’hui, la Tamponnaise nous propose une « naissance » à travers son exposition de peintures “Sortir du corps”. « Ces peintures, les blanches, je les ai créées en procréant geste et gestation, dit-elle, elles sont sorties de moi comme annonciateurs de mes enfants à naître ». L’artiste voulait en finir avec ces représentations du corps externe, elle souhaitait un retour à l’intime.
Cette année voit aussi la naissance des Editions “Dodo vole” dont elle est l’une des fondatrices. Sophie Bazin a d’ailleurs déjà publié un premier album pour les tout petits, illustré par les œuvres d’une quinzaine de plasticiens, des amis d’ici ou d’ailleurs.
Sophie Périabe


Info pratiques :

Renseignements : 0262-24-92-27
Ouvert au public de 9h à 17h du mardi au dimanche
Tarif : 5 euros


Interview de Sophie Bazin, co-fondatrice de la nouvelle maison d’édition “Dodo vole” située à Trois Mares au Tampon

Mettre en valeur la langue créole

L’association Arius et Mary Batiskaf a fêté ses 10 ans cette année et depuis le mois de septembre a ouvert sa propre maison d’édition “Dodo vole”. L’association a pour objet de promouvoir les activités artistiques et culturelles sur la thématique de l’océan Indien et de la richesse du métissage. Elle est surtout composée de plasticien, de sculpteurs, photographes, bref, d’une pléiade d’artistes. Sophie Bazin est, par ailleurs, l’auteur du premier ouvrage “Dodo vole” issu de la maison d’édition.

Comment est venue l’idée d’ouvrir une maison d’édition ?
- J’ai des enfants en bas âges et j’ai été désolée de n’avoir trouver aucun livre pour les tout petits édité à La Réunion, alors que c’est un domaine très riche, très libre. C’est vrai que les petits acceptent beaucoup de choses. Il m’est venu l’idée de faire un album en créole pour les tout petits. Je pense que les parents seront séduits par ce type de livres. Vous savez, on a le sentiment qu’il faut donner davantage d’outils aux créolophones. Alors, à partir de jeux de mots tel que “cosa un choze”, on peut créer des choses très bien.

Ce projet va-t-il voir le jour prochainement ?
- Oui, ce livre devait être le premier à sortir mais finalement, ce sera le second, car il nous manquait de soutien financier. Ce livre mettra en valeur la langue créole.
Notre premier livre est déjà sorti et s’intitule “Dodo vole”. Je voulais quelque chose qui soit plus coloré et en rapport avec l’art puisque c’est mon travail. De plus, à travers ce livre, on a voulu mettre en avant les travaux d’artistes.
L’idée a été de réaliser un livre en utilisant des œuvres d’art ; sur chacune des pages figure un dodo stylisé, des œuvres d’art qui vont du tableau au collage en passant par le croquis ou l’aquarelle réalisés par des plasticiens locaux et métropolitains. Chacun de ces spécimens est accompagné d’un jeu de mot en rapport avec la représentation de l’animal.
Pour info, “Dodo vole” est déjà en vente en librairie.

Pourquoi le Dodo ?
- On peut dire que le Dodo est notre mascotte. Je pense qu’il symbolise la fragilité de notre environnement car c’est une espèce qui a disparu en très peu de temps. On a donc voulu le faire renaître et lui donner des ailes.

Quels sont vos projets à venir ?
- Nous serons bien évidemment au Salon du livre qui se déroulera à la fin de ce mois-ci au Port et nous exposerons aussi au Tampon du 1er au 10 décembre prochain.
On souhaite également sortir très vite notre second “bébé”. D’autres projets sont prévus avec les scolaires, notamment un travail sur les espèces disparues avec une classe de CM 1.

Infos pratiques : Si vous avez des idées ou des projets qui “dorment” au fond de vos tiroirs, l’association est prête à les éditer.
Contact : Sophie Bazin 0262-59-56-34.

Sophie Périabe


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