Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
7ème célébration d’Ati-damba au Camp Marron Dimitile
14 décembre 2010

Dimanche dernier, plusieurs centaines de personnes sont montées au Plateau Dimitile (Entre-Deux) à l’invitation des associations Miaro, Capitaine Dimitile, Tradition Salegy et le groupe Miaraka pour participer à la cérémonie Ati-damba, célébrée depuis 2004. Cette cérémonie est destinée à « honorer la mémoire des ancêtres malgaches reposant en terre réunionnaise et celle de tous les ancêtres marrons, qui n’ont pas toujours reçu les honneurs funèbres, ni même une simple sépulture ».
Selon Honoré Rabesahala, président de l’association Miaro, "Ati-damba" est un mot composé malgache, qui signifie en substance : "l’apport et le dépôt du linceul". Et l’un des temps forts de cette cérémonie est précisément le retrait du "lamba" fixé il y a un an sur la stèle dédiée au guetteur Dimitile, à la reine Sarlave et au roi Laverdure, symboles de la résistance des ancêtres marrons à la traite négrière et à l’esclavage, puis l’installation d’un nouveau linceul sur ce monument.
Après le président de l’association Capitaine Dimitile, qui a accueilli les participants à cet événement, Honoré Rabesahala a prononcé une allocution pour en donner le sens profond et très fort : « Soyons dignes des valeurs de nos ancêtres marrons. Soyons dans la lignée de cet héritage spirituel et culturel que ces ancêtres nous ont transmis. Ils ont été au plus haut niveau possible, en termes de résistance aux oppressions et de lutte contre les injustices de l’époque. La moindre des choses, pour nous, est de perpétuer cette valeur de dignité portée par les marrons ».
Aline Murin-Hoarau, autre responsable de Miaro, mais aussi conseillère régionale de l’Alliance, a également pris la parole pour appeler tous nos compatriotes à perpétuer cette résistance anti-esclavagiste en combattant les atteintes à la liberté et à l’égalité imposées aux Réunionnais d’aujourd’hui. Elle a conclu son intervention par le rappel de la devise de son association : « Nout zancèt, nout fors ! » (voir encadré) .
Des encouragements
Ensuite, Charlotte Rabesahala, très émue par les centaines de Réunionnais ayant répondu à l’invitation des organisateurs de cette 7ème édition d’Ati-damba, a invité ces personnes à déposer leur don au pied de la stèle. Elle a présenté successivement les richesses humaines de nos quatre régions et les moyens de valoriser ces atouts pour exprimer notre fidélité aux combattants de la liberté.
Après la remise des offrandes, les représentants des quatre directions du pays et des "guerriers" armés d’une lance symbolique ont procédé au remplacement de l’ancien "lamba" par le nouveau. Et la cérémonie s’est terminée par la lecture solennelle de la "Charte (Dina) du Dimitile" rédigée pour le premier Ati-damba réunionnais le 18 décembre 2004 par Charlotte Rabesahala. (voir encadré) . Cette "dina" est écrite en trois langues (malgache, créole réunionnais, français) et chaque participant l’a lue dans la langue de son choix en promettant, la main levée, de faire le maximum pour sa réalisation.
En tout cas, bravo et merci aux organisateurs de cette manifestation, à la fois très émouvante et très forte par le sens qu’ils lui ont donné. La diversité et l’unité du public, sa détermination à rester fidèle au combat de nos ancêtres marrons sont des encouragements à donner toujours plus d’ampleur à la lutte du peuple réunionnais pour sa libération.
Correspondant
« Nout zancèt, nout fors ! »
Nous sommes réunis ici aujourd’hui pour :
o donner à nos ancêtres la place qui leur revient dans l’espace réunionnais qu’ils ont grandement contribué à construire et à rendre beau ;
o se libérer des tabous et rendre aux pratiques malgaches et africaines de "sèrvis kabaré" la reconnaissance publique ;
o rendre en pleine lumière un hommage solennel aux ancêtres.
Nous invitons tous les Réunionnais à respecter leurs ancêtres et à partager ensemble nos valeurs ancestrales. Et le maronaz est une de ces valeurs ancestrales réunionnaises.
En cette fête des ancêtres, nous sommes là pour leur exprimer notre reconnaissance d’avoir porté si haut la bannière de la dignité humaine et de la liberté. Qu’ils reposent en paix où qu’ils se trouvent, et qu’ils sachent que c’est dans notre cœur que se trouve leur meilleur refuge.
Nous avons une pensée émue pour tous nos ancêtres anonymes, ceux dont on ne connaît même pas le nom. Ils ont laissé une belle descendance, que nous représentons tous ici.
D’où qu’ils viennent - de Madagascar, d’Afrique ou d’autres pays et continents -, ils méritent tous que nous soyons fiers d’eux. Mais nous, les descendants, allons-nous aujourd’hui baisser la tête ? Je vous invite aujourd’hui, atèr-là, à valoriser cet héritaz.
Quel Réunionnais peut se vanter de ne rien devoir aux anciens esclaves et marrons ? Combien de Réunionnais peuvent affirmer ne pas avoir dans leur veine au moins un peu de leur sang ?
Descendants biologiques ou symboliques, reconnaissons et acceptons cet héritage. N’ayons pas honte de nos origines, honorons nos ancêtres comme ils le méritent. Nout zancèt, nous fors !
(Extraits de l’allocution d’Aline Murin-Hoarau)
Dina Dimitile
Aou mon zancète malgas
Ke ou té libe, ke ou té in zesclave ou in zengagé
Moin la serre aou dann finfonn mon ker
Moin la serre aou dann finfonn mon l’âme
Moin la serre aou au fond même, pou oubliye aou
Pou oubliye oute souffrance
Pou oubliye la honte
La honte té dessus ou
La honte ète in zesclave
La honte la misère
Aou mon zancète,
Mi porte aou dans mon corps, dans mon sang, dans mon ker
Ou lé vivant dann toute pied-de-bois
Dann toute zanimo
Dann toute l’endroit mi dit le nom dans oute langue, mon langue oublié
Zordi, mi donne aou mon l’amour, mon respect
Mi veut oute souvenir i vive dans mon corps
In souvenir vivant
In souvenir i donne a nous la force
In souvenir sacré
Mi veut gaingne oute courage, mi veut oute rage la liberté
La liberté ou la arrache sur la terre
La terre nous l’artrouvé
Dans oute trace
Su la terre nous l’artrouvé,
Mi trouve mon libération
IEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Mézami pou sak la viv lontan dann nout péi La Rényon-dizon pou sak la konète la loi disnèf mars 1946 kan l’arivé, zot téi panss sirman la fain (…)
Plusieurs millions de personnes supplémentaires en insécurité alimentaire
Vote unanime d’une loi à l’Assemblée nationale à Paris
IEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient » Économie réunionnaise : le calme avant la tempête Kansa (…)
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Au lieu de reproduire la France, les Réunionnais devraient s’inspirer de Madagascar
Retour sur le séminaire organisé par la Section PCR de Saint-Denis
Conséquence de la crise et de la pénurie de logements sociaux
Condoléances du Parti Communiste Réunionnais
Face aux difficultés de trésorerie à cause des retards de paiement
À la veille de la manifestation organisée par des élus devant la préfecture