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Le corps en mouvements, selon Henri Maillot
25 août 2008

Henri Maillot revient de Chine, où il est le seul Français présent dans l’Olympic Fine Art, l’exposition officielle des Jeux olympiques de Pékin. Huit de ses sculptures en bronze sont également au Centre culturel français de Pékin. Une belle percée olympique pour cet artiste réunionnais versé depuis toujours dans l’étude des mouvements du corps humain.
« Le corps en mouvement est l’expression même de la vie et le reflet d’une inquiétude millénaire. Depuis les peintures rupestres, la première volonté de l’homme a été de se représenter... Saisir le mouvement dans son jaillissement, lui conserver sa spontanéité originelle avant que la forme ne le fige et ne lui fasse perdre son universalité, c’est ce que je cherche à atteindre ». Henri Maillot a cessé toute activité enseignante, y compris aux Beaux-Arts, pour poursuivre cette quête, convaincu qu’« on ne peut être artiste à mi-temps ».
Ses préoccupations se sont affirmées au fil des sculptures, autant dans la "Récréation des baigneuses" acquise en 1995 par le Musée Atelier de Cézanne (Aix en Provence) que dans ses séries de bronzes - dont ceux coulés cette année pour l’exposition du Comité national olympique et sportif français (CNOSF). Son président, Henri Sérandour, a ouvert à Henri Maillot les portes de Pékin en même temps que celles du Centre culturel français de l’ambassade de France en Chine.
L’exposition du CNOSF, en novembre 2007, comportait des sculptures monumentales en bronze - joueurs de sumo, “toupie”, moringèr...- et des dessins. La décision avait été prise de les exposer au Club France de Pékin, mais la configuration des lieux s’avérant peu favorable, le président du Comité olympique français a finalement dirigé l’exposition des bronzes vers le Centre culturel français, dans le quartier diplomatique de Pékin. L’exposition de huit bronzes a été inaugurée le 5 août dernier, en présence de l’ambassadeur de France, Hervé Ladsous, et restera à Pékin jusqu’aux Jeux para-Olympiques de la fin septembre 2008.
Parallèlement, d’autres œuvres ont été exposées à la médiathèque de l’Alliance française de Pékin, l’une des quatorze AF présentes en Chine, dont certaines accueilleraient une tournée de l’exposition Henri Maillot en 2009.
80 nations à l’Olympic Fine Art...sans médailles
L’autre chance qu’a eue l’artiste de la Rivière des Galets, cette année, est d’avoir été sélectionné, en mai, par un Comité chinois du Ministère de la Culture pour l’Olympic Fine art, l’exposition officielle des Jeux olympiques, installée dans le Centre des Expositions de Pékin qui a accueilli les œuvres d’artistes de quatre-vingt pays.
Henri Maillot y a présenté sa "Penseuse rouge" en trois exemplaires (“Red women thinkers”), nouvel acte d’une réflexion sur la polysémie de l’objet. « Quand on le retourne ou qu’on le met dans une autre position, l’objet ne perd pas son sens. Au contraire, il en prend un nouveau » dit Henri Maillot, qui pratique non sans malice le “retournement des objets”. Son "Sisyphe" - le “pousèr” en créole - a trouvé place ici au volcan, en forêt et sur les docks et sa “Penseuse rouge”, dont un exemplaire trône devant l’Alliance française, dans le centre de Pékin, aura peut-être un destin chinois, si elle est acquise par l’association des femmes chinoises qui a contacté l’artiste avant son départ de Chine.
Quant à l’exposition de l’Olympic Fine art, elle devrait être de retour dans la ville du Port pour le Festival du film d’Afrique et des Iles, traditionnel rendez-vous d’octobre du cinéma portois.
Pour Henri Maillot, cette expérience chinoise a été autant merveilleuse qu’inattendue. « Depuis avril, sur cinq mois j’en ai passé trois en Chine, entrecoupés d’aller-retour. J’ai trouvé sur place, dans une ceinture de 20 à 30 km autour de Pékin, les fondeurs avec qui préparer les œuvres » raconte Henri Maillot. Ces fonderies d’un autre âge, de vraies usines d’art qui lui ont rappelé les industries françaises du 19e et 20e siècle, l’ont beaucoup ému. « Là-bas, des centaines d’ouvriers travaillent à des objets monumentaux. Ils sont capables de faire des statues équestres de 5 mètres de haut et malgré leur culture millénaire dans la fonderie, ils sont très avides de rencontrer des étrangers et d’échanger avec eux sur leurs techniques, leurs savoir-faire » poursuit-il.
De la Chine, il garde l’image d’un « peuple de pousseurs », ainsi qu’il l’a dit à des journalistes de la télévision chinoise (CCT), en rapprochant dans un symbole la Chine industrieuse et son “pousèr la tèr” des quais du Port.
P. David
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