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« Lèss lo pèp rényoné diriz son péi ! »
27 avril 2015, par

Après le lancement de la célébration du nouvel an tamoul à l’appel de la Fédération Tamoule de La Réunion présidée par Daniel Minienpoullé, puis la grande conférence du philosophe musulman Tariq Ramadan la semaine dernière à Saint-Denis, un autre événement vient d’illustrer les avancées de l’expression identitaire spécifique du peuple réunionnais. Il s’agit du 2ème Congrès Dravidien de la Communauté Tamoule de La Réunion, qui s’est déroulé ce dimanche 26 avril à l’Espace Oméga de Cambaie à Saint-Paul, à l’invitation de l’Association Culturelle des Descendants Dravidiens Pratiquants de la Religion Hindoue Populaire à La Réunion, présidée par Daniel Singaïny.
Plusieurs centaines de personnes, venues de toute l’île, ont participé à ce Congrès, qui a duré toute une journée dans une bonne entente, une ambiance chaleureuse, parfois émouvante. Cela, notamment lors des diverses prestations artistiques musicales, danses et chants tamouls ou créoles avec Danyèl Waro et beaucoup d’autres artistes, souvent très jeunes. Un symbole très fort.
Après « la pensée forte » exprimée par le président de séance en faveur des victimes du séisme au Népal, cet événement a été marqué aussi par le message des diverses interventions tout au long de la matinée pour montrer pourquoi et comment il faut soutenir « tous les Réunionnais qui demeurent attachés aux pratiques religieuses traditionnelles transmises par nos ancêtres ». Des interventions furent prononcées dans ce sens notamment par Clovis Pavaye, Vel Mounigan, Alex Mayandi et Florence Callandre.
D’autres personnalités ont également pris la parole pour soutenir les thèses de ce Congrès : l’universitaire Christian Barat, qui a organisé une minute de silence en hommage à l’historien Sudel Fuma, disparu tragiquement en juillet dernier après avoir consacré sa vie à la culture de notre mémoire historique réunionnaise ; et le Consul de l’Inde, Georges Raju, qui a exprimé son soutien à plusieurs événements programmés dans les mois prochains en mémoire de nos ancêtres, comme la Journée Internationale du Yoga le 21 juin de 9h à 18h au Jardin de l’État à Saint-Denis.
Un autre temps fort de cette matinée fut bien sûr l’intervention de Daniel Singaïny, qui a notamment rappelé les nombreux combats menés depuis des dizaines d’années — après ceux de nos ancêtres esclaves et engagés — pour « une politique liée à la défense et à la reconnaissance des spécificités des petits temples publics et familiaux de La Réunion, dans le respect de la société laïque dans laquelle nous vivons ». C’est pourquoi le célèbre prêtre de la Sapèl la Mizèr à Villèle a lancé un appel vibrant à l’union dans la lutte « pour la libération de La Réunion, comme Gandhi l’a fait en Inde ; lèss lo pèp rényoné diriz son péi ! Lèss pi lé zot komann anou ! Nou pé sanz lo sistèm si nou donn anou la min ; pou sa, i fo osi nou désann dann somin ansanm ».
Après l’intervention de Daniel Singaïny, vivement applaudie, le public a pu visiter une exposition culturelle très intéressante, avec de nombreux stands et ateliers sur les richesses culturelles tamoules réunionnaises. Ensuite, les participants au Congrès ont eu droit à une belle prestation de Danyèl Waro, qui « à travers une chanson a retracé son vécu durant son carême de la marche sur le feu à la Chapelle la Misère ».
Suite à « un repas fraternel végétarien gratuit, servi entre convivialité et fraternité », l’après-midi a laissé la place à un plateau artistique, avec notamment des chants (Gobala) et des danses (Bharata-Natyam, Bollywood et Collywood), ainsi qu’à un discours de clôture du Congrès de la part de Daniel Singaïny. À noter qu’une forte représentation du Parti Communiste Réunionnais est venue apporter son soutien aux organisateurs de cet événement culturel : les secrétaires généraux Maurice Gironcel et Ary Yée Chong Tchi Kan ainsi qu’Élie et Gélita Hoarau.
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Messages
27 avril 2015, 23:53, par M.Gobalakichenane
VaNakkam,
Merci pour ces nouvelles rafraîchissantes qui dénotent, d’après les noms (et prénoms) du moins, une culture un peu plus ancienne que celle du temps des ’engagés’.
Une remarque sur ’Collywood’ : il s’agit en fait de des films produits à Madras alias Chennai, plus exactement à Kodambakkam, alors banlieue ouest de Chennai et occupée par les studios de production. On y produisait non seulement des films tamouls, mais également ceux d’autres langues du sud et même en hindi. Il vaut mieux écrire ’Kollywood’ en français ou anglais pour la bonne compréhension.
Bonne continuation,
mgarago