Sur la route des esclaves, passons par l’île du Mozambique

17 juillet 2007

C’est un projet d’envergure internationale, initié par un Réunionnais, professeur d’histoire à l’université de La Réunion. Sudel Fuma peut être fier d’avoir ouvert le tracé d’une route des esclaves passant par La Réunion. Après Fort-Dauphin à Madagascar et Saint-Paul pour notre île, un jardin de la mémoire en l’honneur des victimes de l’esclavage sera inauguré sur l’île du Mozambique, le mois prochain.

Sudel Fuma peut être fier d’avoir ouvert le tracé d’une route des esclaves passant par La Réunion.
(photo BBJ)

Faire la route de l’esclave, quel calvaire ! Pourtant, c’est un fabuleux voyage vers l’ancestralité qui nous est donné de partager. De Madagascar à La Réunion, de l’Inde vers La France, la route est longue, et le projet prend le temps de s’installer. Le projet est aujourd’hui connu dans le monde entier. Et pour cause ! Il se distingue du fait qu’il soit la seule opération qui existe dans le monde connu pour asseoir la mémoire des esclaves. Île du Mozambique ? Les Réunionnais connaissent mal la première capitale du Mozambique, colonisé par les Portugais après le traité de Tordesillas en 1494.
« En 1498, quand les premiers Européens débarquent dans l’Océan Indien, c’est là qu’ils s’installent, et ils en font une capitale. Ça l’est resté jusqu’au 19ème siècle. D’ailleurs, le palais de Vasco de Gama se trouve sur cette île » explique Sudel Fuma. L’île conserve des murs qui témoignent de l’histoire de l’esclavage, et devient naturellement une étape de cette route de l’esclave. « Nous devons être fiers d’avoir été, nous Réunionnais, à l’origine de ce projet. Sans nous, il n’y aurait pas eu tout cela. C’est La Réunion qui l’a porté », rappelle Sudel Fuma.

Un lien indéniable entre peuples

Karl Kugel, photographe, connaît bien le Mozambique, et a été d’ailleurs à l’origine d’un projet tout aussi monumental, avec son “servis makwalé”. Il a été choisi comme Chargé de mission pour faciliter cette entreprise. Il fallait redonner du sens à un bâtiment patrimonial. On lui a confié l’aménagement artistique. Deux artistes mozambicains de la région d’où sont partis les esclaves d’origine makwa et makonde, réaliseront des œuvres en résidence d’artistes avec des Réunionnais. Sophie Bazin, ainsi que son compagnon Johary Ravaloson, dit Marius et Ary Batiskaf, ont été retenus sur les 6 dossiers présentés pour la qualité de leur proposition, qui correspondait plus à l’esprit du projet. Ils réaliseront des stèles, des têtes avec le regard posé avec sérénité sur, le temps, et le passé et le présent. Le pèlerinage vers notre histoire est méticuleusement organisé par Nicol M’Couezou, connu pour son travail au village Titan.
Attention ! le programme se veut chargé, et empli d’émotions, pour les pèlerins « chanceux ». Il débute par une arrivée sur le continent africain à Maputo. Échanges culturels, visites de lieux historiques. La visite se poursuit sur l’île du Mozambique. Visite de cimetière d’esclaves, séminaire international avec les meilleurs universitaires, et inauguration du jardin de la mémoire. Cela se déroulera en présence du ministre de la culture, l’ambassadeur de France au Mozambique, les élus de la Région et du Département de La Réunion, et des représentants de la DRAC. Un groupe de théâtre de Mayotte, celui d’Alain Kamal Martial, fera également le déplacement. Il faut en effet montrer, dans ce genre de manifestation, que les habitants de l’Archipel des Comores ont eux aussi été victimes de l’esclavage. À bon entendeur...

Une idée qui voyage

Sudel Fuma se dit fier de l’ampleur que prend cette opération, puisque la ville de Nantes veut accueillir également un jardin de la mémoire en l’honneur des victimes de l’esclavage. « Nantes sera l’aboutissement total de cette route des esclaves », déclare l’historien réunionnais. Jean-Marc Ayrault, maire de Nantes, est entièrement favorable à l’installation d’un tel lieu de mémoire. Nantes aura été un des principaux ports négriers de France, le port qui a été à l’origine du départ de centaine de navires négriers. Nantes prendrait à sa charge le coût de l’installation du jardin de la mémoire. Voilà une grande nouvelle ! Quant à savoir quand il sera inauguré, l’historien ne peut le dire, mais l’envisage entre 2009 et 2010.
Entre temps, c’est l’île de Maurice qui s’intéresse à ce projet. Connue pour être communautariste, la République de Maurice compte même avoir son jardin de la mémoire dès février 2008. La route de l’esclave nous ramènera aussi sur l’Inde. Peut-on le dire ! c’est une idée qui voyage. C’est le cas de le dire, puisque les 177 pays regroupés au sein de l’UNESCO connaissent ce fabuleux itinéraire.

Bbj


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Messages

  • Bonjour,

    J’entreprend actuellement une démarche sur ma déscendance, et je trouve votre recherche interressante.
    Je souhaiterai savoir si autre que la mairie vous pouvez m’informer si j’aurais un membre de ma famille qui s’appel ASSATI serait sur une liste d’esclave.

    Dans le cas contraire pouvez-vous m’orienter auprès de l’administration qui détien ses archives.

    Je vous remercie par avance ;

    Cordialement

    Antoine ASSATI

  • Bonjour

    j’ai entrepris un travail sur les makua aux Comores et je souhaite prendre une active dans ce projet pour inscrire les Comores sur la route des esclaves, passons par l’île du Mozambique. La thèse portait sur "des esclaves makua et de leurs descendants aux Comores".


Témoignages - 82e année


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