Concert unique de Miriam Makéba à Champ Fleuri

Sur le parvis des Droits de l’Homme, la Mama Afrika

21 décembre 2006

Ils étaient 3.000 au moins à braver la pluie qui tombait par intermittence et, pour rien au monde, ils n’auraient raté ce concert d’adieux à la scène d’une très grand dame de la chanson, Miriam Makéba. Le Président de la République des Seychelles, James Alix Michel, était également présent.
Ziskakan, égal à lui même a fait patienter le public. Et quand commencèrent à résonner, en début de nuit, les note de xylophones d’un groupe mozambicain, l’ambiance était créée, Miriam Makéba pouvait faire son apparition.
« Je suis la plus vieille sur scène. À 75 ans, je me demande comment je fais pour tenir ! »
Miriam Makéba n’a pas son pareil pour toucher le choeur d’un public déjà acquis à sa cause ! Prononcée tout au début de son répertoire, cette phrase lui a valu une salve d’applaudissements bien mérités. Sa modestie dût en souffrir.
Car, enfin qui pouvait nier qu’elle était la plus âgée des artistes présents ? Surtout pas elle ! Ce n’était pas une information nouvelle et sensationnelle, un scoop comme on dit en jargon journalistique. Mais alors pourquoi tant de chaleur de la part du public réunionnais ?
Et si cette phrase nous ramenait à nous mêmes ?
En effet, elle était la pus âgée de nous tous ! Et, elle était encore capable de rassembler une foule de 3.000 personnes, de plusieurs générations. Cette phrase agissait comme un effet miroir sur chaque personne présente : transparent et sans fard ! Cela s’adressait à nous tous. Elle était la plus âgée de nous tous ! Et symboliquement, la Mama. Celle qui rassemble petits et grands dans la fête. Une aïeule solide, pleine de générosité et de la voix à revendre. Forcément, ça aide à tenir débout !
Mais Miriam Makéba est debout aussi parce qu’elle est la militante de la cause des opprimés et des ceux qui souffrent de l’injustice et des inégalités. Elle a combattu l’odieux système de l’apartheid dans son pays, l’Afrique du Sud, face à un pouvoir raciste blanc qui ne reculait devant aucun moyen. Elle a été bannie, frappée d’exil. Et à ce jour, il faut dire qu’existent encore d’autres systèmes qui divisent les êtres humains et font souffrir les plus faibles.
Ce combat là, ne vieillit jamais !
Alors à quoi sert dépiloguer sur l’âge de la combattante, rassembleuse et infatigable ? Il suffit de se laisser envoûter par les chaudes sonorités africaines.

André B.


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Témoignages - 82e année


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