“Gosses de Tokyo”

Sur un air d’épanouissement...

15 février 2008

Nous annoncions hier le ciné-concert proposé par le Séchoir : “Gosses de Tokyo”. C’est ce soir, à 20 heures 30.
Rapide entretien avec le pianiste Alain Moget, qui dirigera l’ensemble musical.

Quelle est la disposition du ciné-concert ?

- Alain Moget : Nous jouons près de l’écran. C’est une version en quatuor pour La Réunion, un violoncelle et un alto, un bugle et un piano. C’est la troisième fois que je viens dans l’île à l’invitation de l’académie de La Réunion, pour mettre en place un ciné concert. Loulou de GW Pabst, réalisateur allemand, avec la célèbre Louise Brook, le deuxième c’était un film de FW Murnau intitulé “L’Aurore” et le troisième c’est “Gosses de Tokyo”.

Vous nous parlez alors que vous êtes en train de donner un stage...

- Je suis musicien et professeur action culturelle dans l’académie de Versailles. J’ai assuré un stage de formation en direction des professeurs de La Réunion qui participent au dispositif collège au cinéma et lycée au cinéma, sur la question de la musique au cinéma.

Pour ces films muets, il existe des partitions précises ?

- Il a pu exister pour des films muets des partitions, malheureusement, très souvent on les a perdues. “Gosses de Tokyo”, c’est un film japonais, de Yazujiro Ozu. Au Japon, ils avaient un bonimenteur (Benji) qui parlait et commentait le film et qui je crois s’accompagnait d’un instrument. C’était plutôt comme un barde. Ces gens-là ont travaillé bien après l’apparition du parlant, ils ont permis de retarder l’arrivée du cinéma parlant. Le film de Ozu est tardif pour un film muet, le muet prend fin en 1930, le film est de 32.

Le contraste par la musique

Quelle est la fonction de l’accompagnement musical ?

- L’idée c’est que la musique accompagne le spectateur et accompagne le film. Ce n’est pas une illustration, c’est un travail qui essaie de créer du contraste, la musique appliquée à l’image donne de la profondeur et travaille après sur le rythme du film, sur l’émotion, que le sens qui s’en dégage soit mieux perçu dans le public grâce à la musique.

Parlez-nous du film...

- Ce film de Ozu qui parle de la vie familiale et de l’éducation des enfants, c’est un film pour adulte, qui évidemment peut être vu par les enfants. Il permet d’aider les parents à grandir eux-mêmes avec les enfants. C’est aussi essayer de prendre conscience à la fois des contraintes sociales très fortes au Japon et d’essayer de les transcender, de trouver le chemin d’une vie épanouie. C’est un film qui par sa forme, par son humour extraordinaire et qui par l’émotion qu’il dégage a conservé toute son actualité, qui n’a pas vieilli.

Kozman Francky Lauret la ramasé


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