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5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Pour Rachida, le jeûne...
29 septembre 2006

Rachida jeûne depuis l’enfance. Elle a commencé âgée de 10 ans par une heure, deux heures, puis une demi-journée, ensuite une journée pour enfin jeûner le mois lunaire. Et ses parents pour l’encourager dans cet acte de foi, lui offrait une belle assiette garnie de friandises ou de gâteaux ou lui posait un collier de fleur autour du coup. Ces gestes, Rachida les transmet désormais à ses enfants. Aujourd’hui eux-mêmes vont les perpétuer. Il est de coutume en effet de préserver ces traditions.
Gaieté, lumière et fraternité
Le ramadan est symbole "de grandeur et d’enrichissement spirituel, de purification de l’âme, de l’esprit". Un moment où les paroles ont tout particulièrement toute leur importance. Pas de mots offensants surtout. "C’est un combat contre le mal, l’envie, la jalousie", convient-elle. Ces petits gestes qui peuvent nous sembler anodins sont d’une grande importance. "Ils nous rapprochent davantage de Dieu", dit-elle, "avec la lecture entière du Coran". Ce mois est placé sous le signe "de la gaieté, de la lumière, de la fraternité". Davantage, elle va à la rencontre de l’autre : le voisin comme l’inconnu.
Apprendre à se connaître
Autre vertu du jeûne pour Rachida "il apporte bien être au corps". Elle ressent par ailleurs "toute la souffrance de tous ces êtres humains qui n’ont rien à manger" et qui finissent par mourir de faim. Cette faim au moment de l’accomplissement du jeûne, elle ne la perçoit pas. En effet, le temps est passé à la prière et "non à la préparation des plats". Il est rompu à la tombée de la nuit avec une prière puis quelques dattes et du lait. Puis toute la famille se met à table.
“Kalou”, “alim”, “kari” et “rougail”
Il y est disposé des samoussas, des “katless”, des “alou-pouli” (de la viande enrobée de pomme de terre), des bonbons “kalou” et du flan. Un mélange de sucré et salé qui vous remplit le ventre. Et après, si le cœur vous en dit place à “alim” (une soupe composée de viande de poulet ou de bœuf), aux “kari” ou au “rougail” avec du riz blanc. Comme on peut le constater, la cuisine traditionnelle réunionnaise forme les plats de résistances du jeûne. Entre temps, les hommes sont rentrés de la mosquée où là également, ils se sont régalés.
Mais pour Rachida, la prière est prioritaire sur les mets. Et "ouvrir son cœur aux autres pour harmoniser les vies de chacun d’entre nous", est son dessein.
J.-F. N.
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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