La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
15 mars 2007

Le collectif Kozé-Conté récidive. Ce vendredi, comme une fois par mois, il propose son Ti’Bazar, soirée contes pour tout public, à partir de 20 heures à la MJC Château-Morange à Saint-Denis. Christine Langot, Jean-Bernard Ifanohiza et Tanh vous invitent à un fabuleux voyage aux pays des contes, de la tradition créole aux inspirations asiatiques en passant par des récits anciens de métropole : il y en aura pour tous les mondes.
De mois en mois, les soirées contes du collectif Kozé-Conté fédèrent un public de plus en plus nombreux. S’il reste encore difficile de mobiliser les médias, aussi longtemps qu’il y aura des conteurs à La Réunion, - des plus connus comme Daniel Honoré, Sully Andoche, Anne Chénet ou des découvertes comme Sergio Grondin -, la tradition orale se perpétuera.
Le conte n’est pas réservé aux enfants
Kozé-Conté est un collectif de conteurs qui aiment à se rassembler pour faire vivre le conte, ce patrimoine immatériel qui fait partie intégrante de la culture créole. Le faire vivre et l’offrir en partage au plus grand nombre. Car le conte n’est pas réservé aux enfants. Les adultes aussi peuvent se laisser transporter par des récits ponctués par l’imaginaire, le rire, le fantastique, la poésie, la philosophie, la peur... la vie. Ils peuvent s’identifier à ce héros qui surmonte toujours les obstacles qui lui font face et retrouver un peu d’eux dans chacun des contes, un peu de sa propre vie.
Ti’Jean, pour ne citer que le plus connu des héros de contes à La Réunion et dans l’Océan Indien, est plus proche de nous que l’on ne veut l’accorder. Le collectif n’a pas vocation à intervenir dans les écoles, car les conteurs qui le rejoignent ponctuellement sont généralement déjà affiliés à une association qui a libre choix de décliner des actions dans ce sens. C’est le cas des Contes Calumets. Sa présidente et conteuse Christine Langot nous explique que son association intervient dans les collèges, les écoles, les bibliothèques. « Le problème c’est que nous sommes dans une île. Si l’on veut vivre exclusivement du conte, il faut faire comme nous, s’exiler en métropole - sachant que le prix du billet, du séjour restent très chers - si l’on veut travailler suffisamment pour garder le statut d’intermittent. »
Le conte se fait spectacle
Il faut encore convaincre le public de se détacher le temps d’une soirée de son téléviseur pour aller à la rencontre de l’autre, de ces conteurs qui proposent au public de venir d’abreuver de mots pour remonter ensemble le fil de l’histoire. Comme le souligne encore Christine Langot, « le conte au XXIème siècle ne peut plus être comme dans le temps longtemps, à l’époque du Rwa Kaf, car malheureusement la société a évolué et plus personne ne s’assoit dans la cour de son voisin pour partager et échanger des histoires. Les contes seraient morts, comme dans tous les pays occidentaux, si on ne leur avait prêté vie sous la forme d’un spectacle. »
Et ce vendredi soir, le spectacle sera assuré par Jean-Bernard Ifanohiza, Réunionnais de descendance malgache, qui offrira toute l’énergie et l’expressivité qui le caractérise pour servir le conte traditionnel créole. Un conteur qui vous envoie des images plein la tête. Délaissant pour une fois cette année les contes malgaches, mahorais... de l’Océan Indien qui lui sont chers, Christine Langot proposera deux anciens contes métropolitains, des “zistoir bébét” qu’elle aime à faire partager pour susciter un peu de frisson !
Enfin, le plus calme et posé d’entre tous, le conteur Tanh, français d’origine vietnamienne, nous emmènera en douceur, au soin de son instrument traditionnel, dans le monde des contes asiatiques ou philosophie et poésie subliment le récit. Il nous offrira un échantillon de son impression répertoire ou conte et conteur rivalisent de fabuleux.
Une invitation au voyage sans quitter l’île, juste en mettant le pied hors de sa maison pour un moment riche d’écoute, d’échange et de partage, au prix de 5 euros pour les salariés et de 3 euros pour tous les autres. Un avant-goût du Gran’Bazar de conteurs, organisé tous les semestres, le 15 juin et en décembre, ou le récit se fait une place sous les étoiles, jusqu’à minuit.
Stéphanie Longeras
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