La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
2 avril 2007

À l’occasion de la semaine du développement durable qui se déroule du 1er au 7 avril, nous avons interrogé Ian Winkless, un des piliers charismatiques, de l’association “Les Trois Salazes”.
Pourriez-vous nous présenter votre association ?
- L’association “Les Trois Salazes” a été créée en 1998 par la famille Hoarau sur l’îlet des Trois Salazes qu’elle a voulu protéger et valoriser. Dans cette démarche, l’outil choisi a été de promouvoir les connaissances en matière de tisanerie. Lorsque l’on plantait, on se rendait compte que la terre était très pauvre. Depuis lors, nous sommes dans un programme de reconstitution environnementale de l’îlet car il faut savoir que la tisane n’est pas seulement bonne quand on la boit. En effet, quand on l’utilise en culture associée, elle aide : à protéger les cultures, à reconstituer le sol et à lutter contre certains insectes invasifs.
Votre association a su se mettre en réseau...
- Et ça marche. Nous venons par exemple de participer au Salon international de l’Agriculture à Paris avec l’association des Tisaneurs, dont nous sommes membres fondateurs. Je rappelle que “les Tisaneurs” date de 2006 et rassemble non seulement les tisaneurs mais aussi les tisanophiles de l’île. Cet organisme rassemble des botanistes, des médecins, la branche réunionnaise de l’APLAMEDOM (Association pour les Plantes Aromatiques et Médicinales), des universitaires et des tisaneurs dans un but commun de promouvoir nos plantes aromatiques et médicinales. Le siège des Tisaneurs comme celui des Trois Salazes se trouve à Cilaos.
Enfin, nous avons su également nous mettre en réseau au niveau d’internet puisque nous disposons d’un site que je vous recommande www.3salazes.com pour en savoir plus sur l’association.
J’ai appris que votre association avait déjà reçu une distinction. Pourriez-vous nous en dire plus ?
- Il y a une vraie continuité dans notre action. En 2005, nous avions obtenu le label “semaine du Développement Durable”. En 2006, nous avons fait partie du Top 10 régional et nous avons été sélectionné dans le top 100 national. Cette année, nous sommes déjà dans le Top 10 régional et nous attendons dans les jours qui viennent de savoir si, à nouveau, nous sommes dans le Top 100 national.
Quel était le thème de votre action l’année dernière ?
- L’année dernière, notre thème était “transversalité et interactivité pour un développement durable”. Nous avons mis en évidence le tourisme participatif afin que ce secteur ne soit pas que le lieu d’une consommation passive. D’ailleurs, nous n’utilisons pas le mot "touriste" mais visiteur parce qu’à La Réunion, on ne reçoit pas de la même façon quelqu’un qui vient faire un tour de quelqu’un qui vient visiter.
Quel est le thème de cette année ?
- Le nom du projet est : "Les enfants acteurs dans leur propre développement durable". Nos partenaires sont : EQUAL (un plan d’action européen faisant partie du Fonds Social Européen), le collège Alsace Corré de Cilaos et les écoles primaires, l’APLAMEDOM. Néanmoins, c’est bien l’association “Trois Salazes” qui porte le projet.
En quoi consiste-t-il ?
- Nous allons faire le bilan du développement durable de notre cirque avec les enfants pendant la semaine du développement durable. Précisez que nous allons au-delà puisque cette action se poursuit jusqu’à la fin de l’année scolaire (début juillet). Les enfants feront un séminaire et animeront une conférence à Cilaos. Ils diront, eux, ce qu’ils ont retenu. Puis, ils présenteront leur schéma de développement durable pour le cirque. Pour réaliser tout ça, nous allons utiliser une pédagogie spécifique. Les deux expressions clés sont les suivantes : la transmission socio-culturellle intergénérationelle et la continuité temporelle intergénérationelle. En gros, c’est mettre les gramoun et les marmailles ensemble.
C’est une méthode qui marche, d’après ce qu’on peut entendre...
- Effectivement, nous avons des contacts très positifs suite aux stages avec les enfants qui ont suivi cette méthode. On demande simplement aux enfants d’interroger leurs grands-parents ou leurs aïeux sur leurs savoirs en matière de tisanes. Et là, c’est la grande surprise, les enfants se mettent à parler avec leurs gramoun et ils découvrent que ces derniers ont beaucoup de choses à leur apprendre. Dans l’autre sens, les gramoun sont tout contents de voir que leur descendance leur parle de leur savoir toujours actuel.
Propos recueillis par Matthieu Damian
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