Feng Shui

Un art de vivre... “clé en main”

17 juin 2006

Le Feng Shui est une discipline chinoise qui propose à des adeptes - il s’agit d’enseignement d’écoles, voire d’Académies - de ’contrôler les forces de la nature’ dans le but de se concilier ’prospérité, harmonie et santé’ au plan individuel. Un maître du Feng Shui est dans l’île pendant une semaine pour en dispenser les principes de base.

Le Feng Shui est un art pratiqué depuis la dynastie des Tong, il y a plus de 2.500 ans, qui consiste à tirer parti des forces de la nature dans le respect du principe universel d’équilibre du Yin et du Yang, regroupés sous le principe du Qi ou “souffle vital” (énergie vitale).
Feng
veut dire “vent” et Shui “eau” - le vent qui disperse les énergies et l’eau qui les rassemblent, s’équilibrent dans l’opposition du Yin et du
Yang, dont le Tai Ji est la représentation symbolique.

Circulation de l’énergie

À l’origine, le Feng Shui s’intéressait à la “maison des morts”, dans le but de garantir une bonne transmission de l’énergie du mort à sa descendance. Puis les Chinois l’ont mobilisé pour choisir les lieux de leurs implantations, puis pour aménager leurs espaces de vie.
Le but des praticiens du Feng Shui est de "rétablir l’harmonie dans les lieux où ils interviennent", ce qui les amène à s’intéresser à des domaines aussi divers que la santé, la conduite des carrières professionnelles ou l’aménagement intérieur et jusqu’à la vie de couple ou de famille de ceux et celles qui viennent les consulter.
"Le Qi prend différents aspects, statiques ou dynamiques, selon les dimensions du temps et de l’espace" et ces aspects peuvent être "alternativement bénéfiques ou néfastes", toujours de façon relative. Les Chinois le pratiquent depuis toujours lorsqu’ils veulent s’installer quelque part, bien orienter leur maison ou choisir une date faste pour une fête familiale ou un voyage.

Une discipline aux nombreux visages

Le Feng Shui “traditionnel” - autant dire un pléonasme - est le nom que prend la discipline pour se distinguer des formes de Feng Shui “new-age” qui sont l’adaptation - très commerciale - des formes folkloriques et pratiques du Feng Shui aux demandes du monde occidental. Le Feng Shui “new-age” date d’une vingtaine d’années et a façonné tout un mouvement de modes prompt à mettre les principes de base un peu à toutes les sauces, pourvu qu’elles aient une pointe de saveur asiatique.
Ceci dit, le Feng Shui, même traditionnel, ressemble à une sorte de vade-mecum pour Taoïste pressé - tout le monde l’est peu ou prou, à un niveau ou à un autre, à notre époque. Ce n’est pas déprécier la valeur des enseignements transmis, avec humilité et respect, que de dire qu’ils obéissent, dans la discipline sectorielle appelée “Feng Shui”, à une visée qui n’est plus seulement utile (comme toute philosophie) mais utilitaire : dans le trouble où sont la plupart des gens dans le monde contemporain, beaucoup sont prêts à s’en remettre à tout ce qui peut leur permettre de retrouver une assise plus harmonieuse.
Réduit à ses apparences, le Feng Shui se présente comme une série de “recettes” d’application plus ou moins facile, de nature plus ou moins ésotérique, pour la compréhension desquelles, dans une optique traditionnelle, il faut un “Maître” puisque la discipline se transmet de maître à disciple depuis la nuit des temps. Elle a connu d’ailleurs à travers les âges, des expressions plus ou moins élitistes voire “confisquées”, avec le recours à des symboliques parfois très tarabiscotées, aujourd’hui enfermées dans des grimoires illisibles.

Instructeur accrédité

Suivant un mouvement contemporain généralisé, le Feng Shui se démocratise et c’est ce qui nous vaut la visite d’un maître de Feng Shui formé à l’Académie Yap Cheng Hai, du nom de "l’un des maîtres les plus recherchés" du Feng Shui à notre époque, un Malaisien âgé de plus de 80 ans, qui continue à parcourir le monde, pour dispenser sa science dans une vingtaine de pays chaque année.
Les maîtres du Feng Shui traditionnel recommandent "humilité et prudence", tel Nicolas Hardy, qui pratique le Feng Shui dans le sud de la France (Hyères), après s’être formé d’abord en autodidacte - dans l’héritage d’un grand-père vietnamien - puis en Chine et enfin auprès du maître Yap Cheng Hai, en Malaisie. Il est aujourd’hui instructeur accrédité de l’académie Yap Cheng Hai et se met lui aussi à parcourir le monde comme consultant, en commençant par les diasporas chinoises, où cette pratique est assez vivace.
Nicolas Hardy a donné samedi une conférence à la médiathèque Raphaël Barquissau devant vingt à trente personnes. Il était lundi à Saint-Denis et animera, toute la journée du samedi 17, un atelier d’initiation dont le thème est : "Par l’étude de l’environnement et l’application de principes de construction et d’aménagement, le Feng Shui permet d’améliorer chance, bien-être, prospérité". Qui ne serait pas passionné par un tel programme ?

Pascale David


Cosmologie, philosophie et art de vivre

Le Feng Shui est une discipline tirée de la cosmologie taoïste telle qu’elle se livre dans le Yi Jing, le “Livre des Mutations” ou “Livre des Transformations”, un des recueils les plus anciens (remontant à l’antiquité mythique), dont les connaisseurs affirment qu’il "contient le fruit de la sagesse la plus achevée de plusieurs millénaires". Le taoïsme et le confucianisme y puisent leurs communes racines.
Dans la vie pratique, les principes de base mis en œuvre dans le Feng Shui peuvent concerner la santé, les relations interpersonnelles, les parcours professionnels, selon des modalités propres à cette discipline.
Un bon maître de Feng Shui ne se déplace pas sans sa table d’orientation (Luo Pan), sorte de grosse boussole plate qui lui sert à déterminer si une orientation est “bonne” ou “mauvaise” selon les règles établies par la discipline.
Une discipline devant laquelle il convient, comme en toute chose, de rester critique : qu’est-ce qu’avoir un “bon” ou un “mauvais” Feng Shui ? Comment chacun reste-t-il maître de son destin dans un espace-temps tel que défini par le Qi ?
Que penser de la part faite aux “influences néfastes”, notamment dans l’analyse de difficultés psychologiques chez quelqu’un ? Ne peut-on aller, en suivant cette voie, vers une déresponsabilisation de chacun ?
Bref, s’il s’agit de cultiver un art de vivre, toutes les approches philosophiques sont possibles, celle-ci comme une autre, à condition d’en écarter les dérives ésotériques, magiques voire obscurantistes.
Une secte comme le Falun Gong, en Chine, repose sur une doctrine - celle de son fondateur Li Hongzhi - qui est un fatras de croyances farfelues ou délirantes mêlant extraterrestres, civilisations antérieures et dimensions multiples, le tout dérivé du bouddhisme, de certains éléments du taoïsme et du qigong, “pratique ancestrale” de la gestion des énergies.
Tiens, tiens...

P. D


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus