« Zerbaz Péi » s’expose à la médiathèque de Saint-Denis

Un brin de tradition, un bouquet de patrimoine

25 octobre 2007

Depuis hier et jusqu’au 31 octobre, le public est invité à découvrir, dans le hall de la Médiathèque François Mitterrand, une sélection des plus belles planches d’herbiers réalisées l’année dernière dans le cadre de la première édition du concours « Zerbaz Péi ». Des herbiers documentés, d’une très belle qualité, qui mettent à l’honneur les pratiques et utilisations traditionnelles des tisanes de La Réunion. Une façon originale de valoriser et transmettre le savoir-faire des anciens.

L’idée était de valoriser le travail inscrit au programme des classes de CM1, CM2, 6ème et 5ème qui ont à un moment donné de leur cursus à réaliser une planche d’herbier.(photo SL)

Dans tout jardin créole qui se respecte, l’on retrouve, disséminées au milieu des fleurs ornementales, quelques pieds de plantes aromatiques et médicinales dont les vertus sont bien connues des anciens et de la petite centaine de tisaneurs que compte encore notre île.

Recenser les connaissances populaires

« L’expérience se voulait au départ un petit projet pédagogique », souligne Claude Marodon, Président de l’Aplamédom (Association pour les Plantes Aromatiques et Médicinales de La Réunion) s’agissant du Concours « Zerbaz Péi » placé sous la direction de l’ethno-botaniste Roger Lavergne, dont le succès a dépassé les attentes. L’idée était de valoriser le travail inscrit au programme des classes de CM1,CM2, 6ème et 5ème qui ont à un moment donné de leur cursus à réaliser une planche d’herbier. Plutôt que de les voir finir dans les tiroirs, l’Aplamédom a proposé aux enseignants d’aller plus loin et de faire réaliser par les élèves des enquêtes auprès de leur famille. À travers ces questionnaires, les enfants ont pu apprendre de leurs proches, le ou les noms vernaculaires de la plante dans le respect de la tradition orale (ex : la sensitive se dit aussi trompe la mort) ; l’utilisation que maman ou grand-mère en fait, pour quels maux et selon quelle posologie. Ils ont ensuite eu à chercher son nom latin par soucis de rigueur scientifique. Ce travail conduit en et hors de la classe a permis de recenser les connaissances populaires, de favoriser la transmission de ce savoir entre les générations, de rapprocher la famille du milieu scolaire, mais aussi pour les chercheurs de l’Aplamédom de proposer une validation scientifique et de faire un retour d’information auprès des familles. Un projet aux multiples intérêts qui a permis de valoriser le savoir des anciens et de sensibiliser les plus jeunes à la protection de la flore locale.

Un concours objet d’études universitaires

L’année dernière 110 classes de toute l’île ont participé, soit 510 planches d’herbiers collectées et 129 plantes renseignées. L’exposition se propose d’en faire découvrir 70. Des planches nominatives où figurent les informations essentielles de l’enquête. Hier comme mercredi prochain, est organisé autour de cette exposition des rencontres avec les professeurs ayant participé et ceux inscrits pour la seconde édition du concours, avec les élèves, les parents, mais aussi des spécialistes des plantes tels que Roger Lavergne ou encore Yann Winkless, tisaneur et président de l’Association Trois Salazes. La médiathèque ouvrira sa salle de projection pour la diffusion d’un documentaire sur les classes contrats de Sabine Munoz d’Ilet Oranger à Mafate, primées l’année dernière, et un diaporama sur les plantes médicinales. Un parcours pédagogique sera également proposé aux enfants par le biais de 10 questions portant sur les planches exposées, ainsi que des contes sur les plantes. Plusieurs mairies de l’île souhaitent recevoir cette exposition, amené à faire des petits sachant que le concours « Zerbaz Péi » est reconduit cette année, en partenariat avec le Rectorat, la Région, la Crédit Agricole, etc. Une façon originale et porteuse de valoriser et protéger la biodiversité de l’île. Le concours fait l’objet d’une maîtrise engagée par Chantal Quillenot à la Faculté de Lille et d’une thèse conduite par Flora Tremba, à l’Université de Caen. Il a reçu l’aval de la Délégation Académique à l’Action Culturelle (DAAC) en tant que projet d’Éducation à l’Environnement pour un Développement Durable (EEDD), car il met en œuvre tous les éléments de la démarche scientifique et participe à l’enrichissement de la connaissance sur le patrimoine floristique de La Réunion.

Stéphanie Longeras
Infos concours disponibles sur le site aplamedom.com.


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