Festival international du film d’Afrique et des îles du 4 au 12 octobre 2008 au Port

Un festival aux couleurs de l’Afrique et des îles

24 septembre 2008

Au programme, l’Afrique, les îles et les diasporas. Il traite d’un domaine particulier qui souligne une décolonisation, avec ses ambiguïtés et ses ambivalences, mais ce festival s’ouvre également au grand public avec 100 titres et 80% d’inédits à La Réunion. Les thématiques restent diverses “Sports, danses, musiques, moringues”, “Dékoloni”, une orthographe qui s’inspire du beau poème “Makes Kréoloni” de Boris Gamaleya paru dans la revue “Les Cahiers de La Réunion”. Films sur la décolonisation, au sens propre et historique que les programmes de nos collèges et lycées étudient, mais plus subtilement, les “décolonisations” des pays qui ne se croient pas ou plus colonisés (ou plus colonisateurs)...

La sélection

Mohamed Saïd-Houma, chargé de production du Festival international du film d’Afrique et des îles, et assistant à la programmation nous explique comment s’est effectuée la sélection.

« La sélection s’est faite selon certains conjonctures et paramètres. Il faut savoir qu’on a tenu compte également d’un circuit. Il y a eu un appel à proposition. Les réalisateurs envoient tout simplement leurs films et nous, on sélectionne en fonction des thématiques que nous voulons développer au sein de ce festival. On a tenu compte également de l’actualité, des conjonctures et des réalités qui pouvaient intéresser le public. Les critères restent par ailleurs un certain langage cinématographique, avec des écoles spécifiques, l’exploitation de certains champs et aussi la rareté. Nous avons un focus spécial sur l’Afrique du Sud et l’Afrique australe, des films sur les Antilles françaises et non françaises. Nous avons fait un clin d’œil sur le cinéma dans la région, d’ailleurs, il y a aura tout un après-midi qui lui sera dévoué, le dimanche 12 octobre ».

Parmi les invités

Nous avons invité un réalisateur malgache et une réalisatrice comorienne. Des Antilles, vous avons deux invités de marque avec Tony Cocovillon du bureau des actualités et Camille Mauduech de la Martinique, qui nous présente “les Seize de Basse-Pointe”. En 1948, nous sommes en plein débat sur la départementalisation et un meurtre n’a pas été élucidé. Ce film retrace une période de décolonisation avec toutes ses ambiguïtés et ses ambivalences. Il dure 140 minutes. C’est un film en 35 mm à ne pas rater.

Nous avons également, de la Guinée, le réalisateur Cheick Fantamady Camara qui présente “Il va pleuvoir sur Conakry”, ce film à la tradition. Vous aurez la réalisatrice Kadiatou Konaté du Mali, elle présente la condition des femmes au Mali, et enfin, vous pourrez découvrir Bakary Sanon du Burkina Faso qui nous présentera la section documentaire avec notamment “Le naufrage négro-libéral” et “Marche ou crève”, le dernier documentaire traitant des petits vendeurs ambulants des rues d’Afrique ; c’est quelqu’un qui a déjà une renommée internationale notamment au Fespaco de Ouagadougou, festival qui se déroule tous les deux ans.


Un festival consacré à la création

Par son choix de se consacrer avant tout à celles qui réalisent, il réserve également à ses publics la surprise des premières :

- “Au-delà de Cap noir”,

- l’étonnant film français “Avoue que tu mens”,

- Kriké-kraké, introduction au conte réunionnais,

- Kartié moringué...

- et la première de la version française du dessin animé sud-africain de long-métrage “Tengers”, mœurs du Gauteng, la Région de Johannesbourg... (adultes).


Un festival avec des expositions

Une exposition à la Médiathèque, pour inciter le public à aller aux séances du festival, notamment les jeunes : Exposition du dessinateur de rue malgache Doda Razafy et d’autres expositions dont une, photographique, de Jack Beng-Thi.

Sophie Bélim


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