Festival Fler Kann

Un festival en devenir

13 octobre 2008

Fler Kann est un festival à encourager. C’est une association du même nom qui se charge de l’organiser sur Paris, avec les contraintes financières que cela implique. Peut-être les autorités compétentes devraient s’attarder davantage sur le sort de petites initiatives culturelles, qui cherchent pourtant à faire découvrir la richesse culturelle réunionnaise.

Les Réunionnais de Paris, rassemblés derrière l’association Fler Kann, n’ont pas démérité. Le festival Fler Kann n’a malheureusement pas connu le succès escompté. Malgré une programmation nourrie dans la célèbre salle de spectacle de La Cigale, peu de spectateurs sont venus se réchauffer à la musique réunionnaise. Il faut dire que l’actualité parisienne est riche en culture. Pourtant, Tikok Vellaye, Kom Zot, Renésens, Zorro Chang venaient spécialement de La Réunion pour produire une soirée mémorable. Disons qu’une centaine de personnes ont tout de même apprécié la mesure du répertoire réunionnais, d’autant que deux jeunes talents réunionnais, Gaël Velleyen et Blacko, des artistes installés à Paris, ont surpris par leurs compositions. Pour l’association Fler Kann, la mise à disposition d’une salle de spectacle aussi prestigieuse était indispensable pour honorer ce qui se fait de mieux à La Réunion, dans des registres musicaux variés, avec des pointures réunionnaises. Tikok Vellaye était dans son élément à La Cigale, et Kom Zot a produit du pur reggae made in Reunion Island, s’offrant même le temps d’une création le plaisir de partager la scène avec une voix malienne. Nos musiques ne connaissent aucune frontière. Renésens a quant à lui signé son retour sur les scènes nationales, à La Cigale. Morgan, qui reprend la direction du groupe, fait honneur à la mémoire de son frère disparu en 2005 à Nosy Be. C’est un esprit mûr qui porte le flambeau de la cause "créoloceltique". Les spectateurs présents ne s’y sont pas trompés. Fler Kann était un festival en or. Tant pis pour les absents ....

Kom Zot mené par Lucciano a encore fait la démonstration d’un reggae authentique, du pur produit réunionnais, placé haut sur la planète Reggae. Cela fait du bien en pleine présentation de leur tout nouvel album "Fé in zès".(photo BBJ)

Spleen de Paris !

Derrière un festival, il y a des hommes et des femmes qui s’investissent, tentant d’attiser la flamme identitaire qu’ils préservent en eux. Rares sont ceux qui comprennent que cet investissement coûte cher, et non seulement en terme financier. Qui contemple les dimensions, culturelle, affective, familiale ? Derrière un festival qui se voulait d’envergure, on peut aussi déceler des erreurs d’appréciation, des délégations aventureuses. L’homme est imparfait, et ne peut tout faire à la fois. Doit-on seulement accabler le porteur du projet ? Au fait, l’artiste chanteur doit-il renier sa fonction première, chanter ? Qui ne chante pas sans le sou ? Le cadre d’un festival doit permettre des rencontres, des facilités. Certains ont pu partager avec d’autres mondes culturels, d’autres ont enregistré de nouvelles compositions, certains ont visité à n’en plus finir des musées, d’autres ont dévisagé le parisien, un autre a griffonné quelques mots sur les pavés de Saint-Germain des prés. Et puis, quelques-uns voulaient s’entretenir de la valeur de l’argent, en ces temps de récession. L’artiste mange comme tout le monde après tout, et a faim aujourd’hui.

Bbj


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Témoignages - 82e année


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