Kabardock - Kabar Marco

Un hommage à un grand homme de la culture réunionnaise

29 août 2006

Plusieurs centaines de spectateurs étaient là pour ce Kabar en l’honneur du regretté Marco Polot. ’Fonnkézèr, maloyèr, boulouzèr la mèt ansanm po in gran kabar’, pourrais-tu dire Marco. Oui, mais en hommage à un Zarlor nout kiltir, un zarboutan...

Samedi dernier, Alix Poulot, Françoise Guimbert, Nathalie Natiembé, Danyèl Waro se retrouvaient au Kabardock au Port. Quatre grands noms de la musique réunionnaise. Quatre concerts exceptionnels. In kabar defé. Des dalon sont même passés à l’improviste, pour la plus grande joie du public. Teddy Baptiste, avec sa guitare féerique. Le poète-chanteur pétersien Daniel Pader viendra psalmodier des textes "à l’image du défunt Alain Péters", comme il le dit lui-même. Les poètes fonnkézèr étaient en effet dans la place. Le fonnkèr avait toute la scène, kabar n’est pas kabar si la parole n’est pas donnée. Pour peu qu’elle soit dite à bon escient. Nicolas Gérodou, Patrice Treuthard, Annie Darencourt et Babou B’Jalah en ont fait la claire démonstration. Les mots se mêlent facilement aux notes de musique. Un concert est aussi un espace de parole.

Un pur Kabar

Blues maloya, maloya traditionnel et maloya-rock étaient au programme. Les spectateurs ont vécu un beau moment de musique, de partage aussi. Le Kabar Marco restera dans les mémoires. Espérons cependant que cette initiative perdure dans le temps, et que chaque année, un aussi beau plateau musical offre un kabar à Marco. Pour l’heure, savourons l’instant présent. Il faut dire que les guitares unies sous la houlette d’Alix Poulot ont enchanté les spectateurs. Tantine Zaza était en pleine forme. En formation réduite, son maloya root’s est détonnant, surprenant par sa vitalité sur scène. Le public l’a bien senti. On roulait vigoureusement le maloya samedi. Nathalie Natiembé était égale à elle-même, singulière par son approche du maloya. Elle ouvrait sa prestation par un face à face inédit avec les spectateurs du Kabardock... Derrière une guitare. Et puis, c’est un Danyèl Waro engagé qui arrive sur scène, tambour en main. On connaît son maloya. On s’émerveille bien sûr devant l’harmonie de son dernier opus, les chœurs façonnés, les tempos calibrés et la prestance de l’artiste lui-même qui dégage une aura particulière à chaque concert. Samedi, il invectivait le Président Vergès, déplorant l’arrogance du visionnaire. On n’avait sûrement pas besoin de cela dans un kabar apolitique, surtout pour Marco. Heureusement que Frédéric Pothin, photographe de talent, fan de Péters, était là pour réunir les artistes pour un dernier “Rèss là maloya”. De la pure musique, un pur kabar... Pour Marco.

Patrick Julie


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