Hommage à Kaya à la Ravine Saint-Leu

Un homme généreux et accessible

8 mars 2006

Les fondateurs de la société “Ker’Kalico”, Wilfrid Santos, Patrice Baillif, Olivier Giron et Thierry Mauve rendront hommage au chanteur mauricien de seggae Kaya, le samedi 11 mars à la Ravine Saint-Leu. Il est décédé dans une geôle mauricienne le 21 février 1999. À ce jour, les conditions de cette mort restent inexpliquées.

Depuis le 21 février 1999, date de la mort du chanteur de seggae, Joseph Réginald Topize, nommé Kaya, les Réunionnais honorent sa mémoire. Cette année, les associés de la toute jeune société de production de spectacle vivant, “Ker’Kalico”, vous donnent rendez-vous le samedi 11 mars à la Ravine Saint-Leu. Kaya a réussi la fusion entre le sega et le reggae. Elle a donné naissance au seggae. Mais Kaya, le porte-parole des exclus, chantait la paix, l’amour, la tolérance pour l’unité des Mauriciens.

Un des prophètes de la paix

Mais l’histoire de ce troubadour, né à Roche Bois, prend fin le 21 février 1999 à Alcatraz, une des geôles mauriciennes. Les polices l’ont emprisonné pour avoir fumé de la marijuana en public. Il décède en prison, gravement blessé dans des conditions restées jusqu’à présent obscures. Pour Wilfrid Santos et Patrice Baillif, deux des créateurs de “Ker’Kalico”, Kaya représente un des prophètes de la paix comme Bob Marley. Patrice Baillif le rencontra au quartier du Lavoir à Saint-Pierre. Il garde de lui l’image d’un homme généreux et accessible.

Des reprises de Bob Marley

Pour cet hommage, Frédéric Backland et Mickaël Mathurin, venus du ghetto de Malherbes à Maurice, prépareront de bons petits plats pour les artistes. Sur scène, les musiciens mauriciens et réunionnais se succéderont au son des mélodies de Kaya : La paix universelle, Chante l’amour, Ras kouyon, mon ti zil pour les plus connues. En seggae, il a repris les paroles de No woman no cry, Jamming, I shot the sheriff, War de Bob Marley. Les critiques ont souligné à l’unanimité la qualité musicale de cet album hommage.
Pour les responsables de “Ker’Kalico”, Kaya symbolise un combattant. Il utilise l’une des armes pouvant pacifier les cœurs, la musique. Il mise énormément sur cette initiative car elle signifie un des pas vers le “Chemin de la lumière” comme le fredonnait Joseph Réginald Topize.

Jean-Fabice Nativel


Être rasta à Maurice

Frédéric Backland et Mickaël Mathurin vivent au sein du ghetto de Malherbes à Maurice. Ils portent des dreadlocks et partagent les valeurs du rastafarisme. "Mais à l’Île Sœur, les rastas sont des moins que rien, des exclus", selon eux. "Lorsque je prends place dans un bus aux côtés d’un passager quelconque, il quitte son siège précipitamment", explique Frédéric Backland. Mais pour ces deux Mauriciens, "le vrai danger à Maurice vient des consommateurs et des dealers d’héroïne et de comprimés". Ces drogues contaminent et pourrissent la vie de nombreux jeunes.

J.-F. N.


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Témoignages - 82e année


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