Halle des Manifestations - Flore et Halle 2008

Un lieu de rencontres étonnantes, humaines et végétales...

1er août 2008

La deuxième journée du Salon de l’horticulture qui s’est ouvert mercredi matin, au Port, n’a pas désempli et tout semble indiquer que le succès sera au rendez-vous après un week-end qui s‘annonce encore plus chargé.
La fréquentation de la Halle, même en semaine, est très soutenue et la plupart des visiteurs repartent les bras chargés - généralement de fleurs ou de plantes en pots, mais pas seulement car il y a beaucoup à voir et à apprendre sur les 16.000 m2 réservés aux exposants.

L’entrée se fait par le jardin des senteurs, aménagé sous une ombrière équipée de brumisateurs qui gardent les plantes aromatiques et leur décor végétal au frais. Le jardin est conçu comme une promenade serpentant au milieu d’espaces couverts de plantes odorantes et de plantes aromatiques d’horizons divers. Ça et là, des poteaux de bambou taillés et dévidés servent d’indicateur et de présentoirs à parfum : on y retrouve le parfum d’une plante proche, présente dans le jardin : basilic (ou pistou), romarin, menthe poivrée et menthe simple, thym, citronnelle mais aussi patchouli, ylang-ylang, jasmin, vanille, géranium et vétyver... et bien d’autres, sont offerts à tous, pour une entrée en matière très olfactive. Libre à chacun, à la sortie de ce jardin des senteurs, de se faire son parcours à travers les halles couvertes ou dans l’espace ouvert entre les deux.
Des deux halles couvertes, la première est plus horticole et la seconde plus ouverte sur les différentes facettes du “bien-être” qui prend une part croissante dans l’activité commerciale et parapharmaceutique : au-delà de la tisanerie et de la réactualisation de la connaissance des “zerbaj”, on y trouve aussi des spécialistes du massage traditionnel et des “fauteuils de massage”, des jacuzzi et leur décor boisé, un lieu de découverte du Feng Shui, animé par Eliane Parent.
Le Salon étant ouvert sous le signe de “l’éveil des sens”, on y trouve aussi l’atelier œnologique de Vinarock, qui donne rendez-vous aux gourmets dimanche (12h-14h) pour une séance d’accordailles des vins et des carris - une activité régulière du club créé autour de ce caviste dionysien, qui projette aussi d’ouvrir bientôt un “bar à vin” avec dégustations de fromages.

Même en passant au Salon une journée entière, il est difficile de tout voir, de s’arrêter partout. Il faudrait pouvoir le faire, car les gens qui aiment les plantes et qui savent les mettre en valeur, lorsqu’ils savent aussi parler de leur passion, sont eux-mêmes passionnants ! A ne pas manquer surtout : l’exposition des photographies de Sebastiao Salgado et à côté, la présentation du projet architectural de la maison des civilisation.
On peut faire dans l’espace d’exposition des rencontres étonnantes, tel ce jeune horticulteur du Tampon, passionné de plantes succulentes (voir photo), qui se bat pour conserver à Trois-Mares un terrain transformé en jardin pour plantes des zones arides... que la municipalité aimerait bien lui prendre pour de vagues et très futurs projets immobiliers ! Mais le jeune homme ressemble beaucoup à ses plantes : qui s’y frotte s’y pique...
En prenant le temps de discuter avec les uns et les autres, il apparaît vite que la filière horticole est loin d’être un long fleuve tranquille. Beaucoup de producteurs ont même de grosses difficultés. Ce Salon parviendra-t-il à les aider, financièrement et du point de vue d’une meilleure organisation de la filière ?
Il y a bien sûr différentes branches dans l’horticulture réunionnaise, chacune avec ses problématiques, ses contraintes et ses spécificités. C’était l’objet de la journée professionnelle d’hier, animée par la Chambre d’Agriculture (voir encadré).
Le Salon va se prolonger pendant trois jours encore avec demain, comme l’un des temps forts, la présentation de la "Heterochaenia Fragans", une plante endémique réunionnaise découverte récemment par Herman Thomas (salle de conférence, 11h). Ce ne sera pas le seul temps fort, et tant de découvertes nous attendent...
S’y rendre en nombre, c’est soutenir le travail des horticulteurs. Ils en ont besoin.

P. David

Aujourd’hui 1er août : ouverture à 10h30 avec une initiation à la création de cosmétiques naturels (Distillerie Vitry) ; atelier de création d’herbier et jeux avec les plantes à parfum (MCUR, Hall 3) ; Heterochaenia Fragans (SREPEN) ;
"Retour dan tan lontan" avec Jean-Paul Bavol (Extérieur, 12h) ; "Voyage au cœur des forêts réunionnaises et Histoire du marronnage" (GCEIP et Captain Dimitile) ; "contes et poésies sur la flore réunionnaise" (Trois Salazes et kako Dambreville) ; "Bat karé an maron", avec ShowCoarts (Hall 3) ; "Echanges autour du jardin japonais et la culture du bonzaï" (Sun concept, Extérieur 15h30) ; deuxième atelier herbier avec la MCUR (Hall 3, 16h) ; "la kour san la kaz" (MCUR, Extérieur, 17h30) ; "La Réunion, candidate au patrimoine mondial de l’UNESCO", avec René Robert (Hall 1, 18h).


Journée professionnelle avec la Chambre d’Agriculture

Bien préparer les collectes de déchets, toxiques ou non

Du côté du pôle consulaire, c’était hier le rendez-vous des horticulteurs autour de plusieurs questions cruciales : comment restructurer la filière ? Comment relancer les syndicats d’horticulteurs, de façon à présenter une profession unie - ou en tout cas capable de s’unir lorsqu’un coup dur leur impose de se faire entendre des autorités ? Quoi faire pour généraliser les “bonnes pratiques horticoles” ? Et enfin comment se préparer aux collectes de déchets agricoles prévues dans le courant de ce 2e semestre ?

La Chambre d’Agriculture a embauché au début de l’année un chargé de mission “Environnement” - ils sont désormais trois dans le pôle d’Isabelle Checkouri - pour l’organisation des collectes des déchets agricoles. « C’est le producteur du déchet qui est responsable de son élimination » explique Nicolas Payet, le jeune chargé de mission. « Notre rôle est de les accompagner, de les informer et de mettre en place la filière. Pour les emballages vides de produits phytosanitaires (EVPP) et les produits phytosanitaires non utilisés (PPNU), une écotaxe inclue dans le coût des produits est censée servir à leur élimination en fin de vie » explique-t-il. En France, l’ADIVALOR organise les collectes, mais elle n’est pas représentée ici et c’est la Chambre d’agriculture qui a commencé à ouvrir ce chantier. L’ADIVALOR verse à l’organisateur de la collecte 900 euros/tonne, correspondant aux coûts métropolitains d’élimination - très en deçà des charges qu’imposent ici le surcoût des transports (y compris maritimes car ils ne peuvent être incinérés ici), la dispersion des producteurs et la nécessité d’un important budget de communication.
Selon les chiffres donnés lors de la rencontre professionnelle d’hier, il en coûte 10.000 à 12.000 euros pour l’élimination d’une tonne de ces déchets à La Réunion. La Chambre d’Agriculture a donc engagé un travail d’information et de sensibilisation, et des rencontres avec des partenaires potentiels d’une filière qui reste à construire. Un plan de communication est prêt (affiches, dépliants, autocollants et communication par voie de presse) qui représente la moitié du coût d’une collecte. Sur un coût de collecte de 20.000 euros, 10.000 vont à la communication. Et les chargés d’Environnement de la chambre d’Agriculture assurent que ce n’est ni un choix, ni un luxe. « Si on ne le fait pas, ça ne marchera pas » disent-ils. C’est le résultat des contraintes qui sont celles du pays.
Pour les déchets non dangereux (les plastiques), la valorisation peut être locale. Elle se met en place avec Cycléa.
La chambre d’Agriculture travaille à réunir les financements de ces collectes. Un calendrier est établi pour les plastiques agricoles usagés sur douze sites (du 15 au 19 septembre) et pour les EVPP sur dix sites (du 16 au 18 décembre). Ces collectes requièrent toute une préparation dont les agriculteurs peuvent s’informer auprès du pôle Environnement de la Chambre.

Pole Environnement : 0262.94.25.94 ou 0262.96.20.50


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Témoignages - 82e année


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