Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
2 août 2008

Nous vous conseillons aujourd’hui un livre fouillé, riche et très intéressant sur l’utilisation de la langue au service d’une idéologie. Il décrypte avec clarté la façon dont le sens de certains mots a dérivé pour signifier à présent quelque chose de tout à fait différent, ou tout simplement de quelle manière l’univers mental que ce mot convoque a changé, passant parfois d’un sens à son contraire. Ce livre pointe également certaines expressions qui rythment notre vie à travers les médias et qui permettent à l’idéologie néolibérale d’asseoir son emprise sur nos vies plus facilement. Le combat politique est une guerre, une guerre sans armes et sans morts, dans lequel les armes sont les mots. Pour un militant de gauche, l’utilisation des mots justes est donc le début du combat !
Alors, lisez ce livre, et pensez à remplacer "charges sociales" par "cotisations sociales" ou "partenaires sociaux" par "patronat et syndicats" ! Cela paraît tout bête et inutile, mais c’est par là que tout commence ! Pour regagner la confiance du peuple, il faut d’abord gagner la bataille culturelle. Nous sommes des militants, nous devons apprendre à parler "gauche" même dans nos phrases les plus banales !
De modernité à gouvernance en passant par transparence, réforme, crise, croissance ou diversité : la Lingua Quintae Respublicae (LQR) travaille chaque jour dans les journaux, les supermarchés, les transports en commun, les “20 heures” des grandes chaînes, à la domestication des esprits. Comme par imprégnation lente, la langue du néolibéralisme s’installe : plus elle est parlée, et plus ce qu’elle promeut se produit dans la réalité. Créée et diffusée par les publicitaires et les économistes, reprise par les politiciens, la LQR est devenue l’une des armes les plus efficaces du maintien de l’ordre.
Ce livre décode les tours et les détours de cette langue omniprésente, décrypte ses euphémismes, ses façons d’essorer les mots jusqu’à ce qu’ils en perdent leur sens, son exploitation des « valeurs universelles » et de la « lutte antiterroriste ». Désormais, il n’y a plus de pauvres, mais des « gens de condition modeste », plus d’exploités, mais des « exclus », plus de classes, mais des « couches sociales ». C’est ainsi que la LQR substitue aux mots de l’émancipation et de la subversion ceux de la conformité et de la soumission.
LQR - “La propagande du quotidien”, par Eric Hazan - Editions Raisons d’agir - 6 euros
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